dimanche 29 décembre 2013

En images: Walking Dead, tome 3 à 18, de Robert Kirkman et Charlie Adlard


J'avais fait un article, plutôt enthousiaste, sur les tomes 1 et 2 de ce comic il y a déjà quelque temps. Depuis, j'ai lu tous les tomes publiés en France (donc jusqu'au numéro 18). Plutôt que de faire une revue opus par opus qui risquerait d'être fastidieuse, je vais faire un bilan global.





Walking Dead, suite et fin
The Walking Dead, Tome 18: Lucille
Robert Kirkman (scénario),  Charlie Adlard (dessins)
Editions Delcourt


L'histoire:

Donc pour rappel, dans Walking Dead, on se retrouve dans un monde post-apocalyptique dans lequel les morts ne sont plus vraiment morts et n'ont qu'une envie : se nourrir des vivants. Plus particulièrement, on suit les péripéties d'un groupe de survivants menés par un ancien policier, Rick. Ils doivent affronter toutes les difficultés de ce nouveau quotidien : trouver un refuge, de la nourriture, se soigner, lutter contre les morts-vivants, mais aussi contre les éventuels autres survivants qui pourraient être mal intentionnés...
Je n'en dirai pas plus pour éviter de gâcher la suite à ceux qui n'ont pas (tout) lu.




Mon avis :

Après un 1er tome un peu longuet, puis un 2nd où les choses commençaient à s'intensifier, les aventures de nos survivants ont continué à s'emballer dans les tomes suivants. C'est sûrement un des points forts de cette saga : il y a finalement assez peu de temps morts, et les quelques albums plus calmes, que je qualifierais de "liaisons" entre les différents évènements, permettent de rentrer plus profondément dans les relations entre les personnages sans qu'on s'ennuie pour autant.
Ma plus grosse crainte était que l'histoire finisse par s'enliser (18 tomes pour le moment, c'est quand même pas mal) et devenir trop redondante pour être intéressante, mais Kirkman gère son intrigue de manière habile et le renouvellement est suffisant pour qu'on ne se lasse pas.

Quant aux personnages, on les voit évoluer de manière constante et cohérente, et c'est clairement ce qui contribue à les rendre crédibles et attachants.

L'autre point fort de "Walking Dead", c'est sans nul doute le dessin. J'apprécie le style d'Adlard depuis le début, mais il faut bien avouer qu'il se surpasse dans les derniers tomes : plus précis, plus détaillé, son trait est un vrai régal pour les yeux.

Mais, il y a quand même un mais. Il y a à mon sens un gros incident de parcours, scénaristiquement parlant, au niveau des tomes 6 et 7 (grosso modo, et sans spoiler, le passage avec le Gouverneur). Car sur ces tomes, Kirkman est tombé dans le piège de la surenchère. Surenchère de sadisme, surenchère de violence, on tombe dans une spirale de provoc' facile jusqu'à ce que ça en devienne ridicule. Alors, qu'on me comprenne bien, ce n'est pas la violence en soi qui me gêne, je ne suis pas une âme sensible, et je trouve même que c'est une caractéristique quasi inhérente au genre de l'horreur, donc pas de problème. Le souci, c'est que là, c'est complètement gratuit, ça n'a aucun intérêt scénaristique, et il semble que le seul but soit de choquer le lecteur. C'est d'autant plus une déception que ces évènements en particulier sont traités de manière bien différente (et bien plus réussie) dans la série télévisée: la violence elle y est, pas de doute, mais elle est amenée avec suffisamment d'intelligence et de subtilité pour qu'on évite de tomber dans le grotesque. Vraiment dommage.

Cet épisode mis à part, l'histoire reprend un tournant bien plus réfléchi et crédible ensuite. Jusqu'au dernier tome. Parce qu'il annonce clairement de nouveaux évènements importants pour les tomes suivants, mais que l'amorce fait craindre un retour à l'extravagance et au peu plausible.

A vérifier au tome 19!




Note: 7/10





Salsifi Papillon

samedi 28 décembre 2013

Challenge : Cluedo Littéraire

Alala, que je suis faible... Il ne fait nul doute que mon aptitude à suivre les challenges jusqu'au bout est plutôt limitée : j'ai lâchement abandonné le "Thrillers et policiers scandinaves", pourtant dans l'un de mes styles de prédilection, je n'ai réussi qu'à caser une participation pour le beau challenge "Printemps coréen" de Coccinelle, et je termine tout juste à temps (et avec peine) le "Je t'aime, moi non plus" de Rorobouquine (faut que je pense à en faire un bilan d'ailleurs). Bilan mitigé donc, qui devrait me convaincre d'éviter les challenges longue durée en 2014. J'avais bien commencé en choisissant de m'inscrire à un challenge court (le "Mois suédois" de Marjorie, j'en reparlerai bientôt).
Et puis j'ai vu le challenge proposé par Iliade sur Livraddict.





Le principe de base est celui du Cluedo: on a un crime, une liste de suspects/enquêteurs, de lieux et d'armes. Le but est de trouver qui a commis ce crime, où, et avec quoi. Pour ça quelques règles, dont voici un extrait:

"Déroulement du jeu
-Les participants jouent en équipe et sont représentés par un des personnages enquêteur.

-Un des participants fait une proposition en donnant « un meurtrier, un lieu et une arme», par exemple «je pense que le meurtrier est Sherlock Holmes, le crime a eu lieu a Poudlard  l’arme est la montre du Lapin Blanc».

- Chaque proposition est suivie d'une lecture. Lorsqu’une proposition a été faite, je révèle les consignes qui se cachent derrière la proposition. Il y a une consigne derrière chaque personnage, lieu et arme. Donc après une proposition vous vous retrouvez face à trois consignes par exemple:?Sherlock holmes: Lire un livre ou l’action se passe en angleterre?Poudlard: lire un livre de science-fiction?La montre du Lapin Blanc: lire un livre dont la couverture représente un animal

- Vous choisissez ou non de participer à la lecture qui suit la proposition, et vous choisissez vos consignes. Vous pouvez en prendre une, en combiner deux par exemple: lire un livre de SF qui se passe en Angleterre ou un livre qui se passe en Angleterre avec un animal sur la couverture, ou alors lire un livre qui réunit les trois consignes. ?Chaque lecture rapporte 1, 2 ou 3 points à l’équipe selon le nombre de consignes choisies.

- Lorsque tous les participants à la lecture ont fini leur livre et éventuellement publié un billet sur leur blog, je révèle quels éléments de la proposition sont justes. Par exemple seul Sherlock Holmes est correct, dans ce cas le participant ayant fait la proposition rapporte un point à son équipe.
Une deuxième proposition est faite, en prenant compte des résultats de la proposition précédente, et un nouvelle lecture est proposée.-
Ainsi de suite jusqu’à ce que les trois éléments corrects soit réunis."

C'est original, ça a l'air plutôt fun, et même si je compte participer autant que possible, le fait de ne pas avoir l'obligation de participer à chaque session est rassurant.
Donc je n'ai pas résisté et je fais partie de la team "Alice" avec Klo et Cyncracra :)

Plus de détails sur le déroulement du challenge sur le forum de Livraddict.

Salsifi Papillon

vendredi 27 décembre 2013

Où est Amy? : Les Apparences, de Gillian Flynn

Systématiquement, après avoir refermé un polar, je me dis que ça suffit, qu'il faut que je passe à autre chose, un genre différent, parce que ça commence à bien faire. Et systématiquement, je me replonge dans un polar. Du coup, ces derniers mois, je n'ai lu quasiment que ça, et dans le lot, il y avait un bon paquet de déchets ou de correct, mais sans plus. Et puis il y en a 2-3 qui se sont démarqués, et ça a été le cas de ce roman de Gillian Flynn.



Les Apparences
Gillian Flynn
Editions Le Livre de Poche

 L'histoire:

 

Ca va faire 5 ans qu'Amy et Nick sont mariés. Jeunes, beaux, ils vivent leur petite vie de couple heureux et branché à New-York. Jusqu'au jour où ils perdent tous les deux leurs emplois et sources de revenus. Nick décide alors qu'il est temps d'aller s'installer dans sa région d'origine, le Missouri. Il y traîne Amy, réticente, pour y ouvrir un bar en compagnie de sa soeur, et s'occuper par la même occasion de sa mère, en fin de vie. Mais après quelques mois de cette vie à la campagne, Amy disparaît, brutalement, mystérieusement. Nick tente alors de découvrir ce qui a bien pu arriver à sa femme.


"Les gens aiment bien s'imaginer qu'ils connaissent les autres : les parents veulent croire qu'ils connaissent leurs enfants. Les femmes veulent croire qu'elles connaissent leurs maris. "


Mon avis:

 

Les Apparences, c'est tout à fait le genre de romans sur lequel il ne faut pas trop en dire. Parce qu'on aurait si vite fait d'en dévoiler trop. Dans ce cas précis, il suffit de s'arrêter au titre pour comprendre que oui, les apprences sont parfois trompeuses, et qu'on risque donc d'être dupé. Pas besoin d'aller plus loin, maintenant il ne reste plus qu'à lire et voir si cette promesse est tenue ou si cette mise en haleine n'était qu'un soufflé trop vite retombé.

Flynn tient sa promesse. Avec son récit à deux narrateurs (d'une part, des extraits du journal intime d'Amy, d'autre part, le témoignage de Nick), elle nous plonge dans l'âme de ces 2 personnages qui semblent si lisses, presque inintéressants de prime abord, mais qui ont en fait tant à nous dévoiler.
Alors au début, ça semble un peu longuet. Le 1er quart du livre est une sorte de mise en situation, on ne sait pas trop où on va, rien ne semble vraiment décoller. Et puis tout se met en place, l'importance de chaque détail est révélée, et on commence à comprendre. Pour mieux être abusé par la suite.

Original, cynique au possible, Les Apparences est une vraie bonne surprise et montre qu'il n'y a pas besoin de l'ombre terrifiante de tueurs en série et autres meurtres sanguinolants pour qu'un polar soit réussi et puisse tenir le lecteur en haleine jusqu'au bout (mais, peut-on vraiment qualifier Les Apparences de polar après tout?). Bien sûr, il n'est pas exempt de défauts: je regrette donc quelques passages qui traînent un peu en longeur et l'absence de charisme des personnages principaux, pour lesquels il m'a été très difficile de ressentir de l'empathie.

Ces petits bémols mis à part, une lecture que je ne peux que conseiller!





Note: 8/10




Salsifi Papillon

dimanche 22 décembre 2013

Petits meurtres entre amis : Birdman, de Mo Hayder

Grosse absence de la blogosphère ces derniers mois pour cause de gros changements IRL qui m'ont gardée bien éloignée de la toile... Les choses se tassent, et j'espère que cette reprise sera la bonne.
Cette absence ne m'a en tout cas pas éloignée de mes livres, et si je suis plutôt dans les suites en ce moment (Dr Sleep, L'Ecorchée, le tome 3 de 1Q84...), j'en profite aussi pour découvrir quelques nouveaux auteurs sur mes étagères. C'est le cas de Mo Hayder, auteure anglaise dont j'ai choisi de lire le 1er roman.



Le retour du chat qui dort sur les livres
Birdman
Mo Hayder
Editions Pocket

 L'histoire:

Cinq cadavres de femmes sont déterrés lors de travaux dans un terrain vague londonien. Les corps ont été mutilés et un pinson encore en vie a été inséré dans la cage thoracique de chacune des victimes, valant ainsi au tueur le surnom de "Birdman".
C'est l'inspecteur Jack Caffery qui est chargé de l'enquête. Caffery est un agent brillant, qui va rapidement trouver comment recoller les pièces du puzzle dans cette affaire sordide, mais il doit également lutter contre ses propres démons et son obsession pour son voisin, un vieil homme qu'il considère comme responsable de la disparition de son frère, bien des années plus tôt.


" Il aurait dû se lever, se dissocier par son attitude de la scène devant lui, mais [il] était pétrifié par la peur. Et pendant la seconde où il décida de ne pas bouger, le garde, le front luisant de transpiration, comprit que l'étudiant en médecine encore en blouse avait attendu ici dans la pénombre pour avoir l'intimité nécessaire et perpétrer très exactement le même acte que lui.
Le moment parut s'étirer. Puis le garde sourit.
"


Mon avis:

Je ne connaissais pas Mo Hayder, et c'est un peu le hasard qui m'a mis son 1er roman entre les mains. J'avais entendu du bien d'un de ses autres ouvrages, Tokyo, mais une overdose de romans japonais et/ou ayant trait au Japon m'a faite reculer, et j'ai préféré me diriger vers ce titre plus mystérieux. J'ai démarré ma lecture sans a priori, mais je n'ai pas pu m'empêcher de lire les accroches sur la 4ème de couverture, qui font le rapprochement avec la trilogie de Thomas Harris. A croire que tout thriller à tueur en série doit être comparé au Silence des Agneaux.

En l'occurence, il est tout de même assez probable qu'Harris ait été une source d'inspiration pour Hayder, car certains détails ne peuvent que rappeler l'histoire du tueur au masque de chair (les animaux insérés dans les cadavres des victimes en étant une des évocations les plus évidentes). Mais la Britannique réussit tout de même à raconter une histoire bien à elle, glauque, plutôt bien ficelée (jusqu'au bout, fait assez rare pour être signalé) et avec suffisamment de fausses pistes et de rebondissements pour tenir le lecteur en haleine.

Mais malheureusement, son Birdman souffre du symptôme du trop: trop de violence gratuite, noyée dans un style trop impersonnel pour qu'on en ressente vraiment un malaise. Trop de descriptions techniques barbantes (bon, on est bien loin d'un Chattam tout de même) et trop d'éléments disséminés pour brouiller les pistes puis balayés d'un simple revers de main. Et pour finir, trop de caricatures pour rendre les personnages vraiment crédibles. Du coup, on ne s'ennuie pas, mais on ressort de la lecture quand même assez frustré, frustré que cette histoire teeeellement dérangeante [bouh, torture, bouh, nécrophilie] ait été si vite résolue par le super détective teeeeellement beau gosse, teeeeellement torturé et teeeeellement plus intelligent que ses collègues.

En bref, une lecture rapide, pas désagréable, mais qui sera sûrement bien vite oubliée. Je me pencherai probablement sur l'un ou l'autre des romans suivants d'Hayder (peut-être le fameux Tokyo), mais bon, pas tout de suite.





Note: 6/10


Et sur ce, bonnes fêtes à tous!



Salsifi Papillon

samedi 17 août 2013

Ghostbusters : Only Skin, de Sean Ford


Pas mal de choses qui se bousculent en ce moment IRL, et donc un peu (beaucoup) de mal à tenir un rythme régulier sur ce blog ces derniers temps, j'espère que tout s'arrangera à partir de la rentrée.

Dernière lecture en date, une BD, ou plutôt un roman graphique américain.




Boo..
Only skin, nouveaux contes de la lente apocalypse
Sean Ford
Editions Rackham

 L'histoire:

Etats-Unis, notre époque, un petit patelin paumé et entouré de bois inquiètant. Cassie, partie depuis bien longtemps de son village natal, se voit contrainte d'y revenir accompagnée de son petit frère pour reprendre la station-service familiale après la disparition de leur père. Mais elle va bien vite s'apercevoir que la disparition de son père n'était que la 1ère d'une longue série : près d'une dizaine de personnes se sont volatilisées après avoir été aperçues dans ou aux alentours des bois. Les recherches de la police n'avancent pas, et Cassie va donc décider de mener l'enquête elle-même. De son côté, Clay, le petit frère de Cassie, fait la connaissance d'un drôle de fantôme, bien décidé à l'emmener voir ce qu'il se passe dans les fameux bois...





Mon avis:

Quelle curiosité que ce "Only Skin...". Un roman graphique donc, au dessin déjà très marqué : un trait épuré, naïf, voire même simpliste. A l'opposé de mes dernières lectures bandes dessinées donc, et à vrai dire, aussi à l'opposé du style graphique que j'apprécie.
Mais soit, c'est un parti pris de l'auteur, ça passe ou ça casse. Et en l'occurence, chez moi, ça ne passe pas.

Passons donc à l'histoire. Des disparitions inquiètantes, des bois apparemment hantés, ça, ça me parle par contre. Malgré le style qui ne m'attirait pas, je me suis donc lancée dans ma lecture avec un apriori plutôt positif, m'attendant à du mystère, du suspense, voire un peu d'angoisse. Sauf que non.

Après une mise en situation classique, mais surtout longue et poussive, Ford fait le choix d'une trame éclatée : on suit différents personnages les uns après les autres, sans cohérence chronologique. Franchement, pas facile à suivre, surtout que les graphismes n'aident pas : les personnages simplistes se ressemblent beaucoup les uns les autres, et il est parfois compliqué de suivre qui est qui dans ces différents passages décousus. Déjà là, "Only Skin..." m'avait perdue. J'ai tout de même continué ma lecture, avec une lueur d'espoir d'ailleurs, car un certain rythme apparaît vers le milieu du roman, avec l'apparition de quelques rebondissements plus ou moins bien sentis. Mais arrive le dernier tiers, et là, c'est le drame. Twist final improbable, théorie conspirationniste imbuvable, cette fin est tout simplement surréaliste.
Ca faisait longtemps que je n'avais pas été déconcertée par un final littéraire, dommage que ce soit dans le mauvais sens du terme...





Note: 3/10


Merci aux éditions Rackham et à Babelio pour ce livre.



Salsifi Papillon

mardi 18 juin 2013

La vie pour les Nuls: Le Manuscrit retrouvé, de Paulo Coelho


Que de retard dans mes billets... J'en ai toute une tripotée à finaliser (mes lectures de vacances essentiellement), mais c'est avec un des tout derniers livres que j'ai lus que je reprends l'activité de ce blog.




Le chat philosophe
Le Manuscrit Retrouvé
Paulo Coelho
Editions Flammarion

 L'histoire:


1099, Jérusalem. Les croisés arrivent, et la guerre avec eux. Chrétiens, juifs, musulmans, tous les habitants de la ville s'inquiètent du siège imminent. Habitués à cohabiter malgré leurs confessions différentes, cette bataille qui s'annonce semble improbable et pourtant bien réelle, angoissante. Parmi la foule qui se presse dans la ville, un Grec, celui qu'on surnomme le Copte. Interpellé par les habitants, il répond à leurs questions existentielles et délivrent ses enseignements pour mieux appréhender la vie.


"L'Indésirable arrive pour ceux qui ne changent pas et pour ceux qui changent. Mais ces derniers peuvent au moins dire: "J'ai eu une vie intéressante, je n'ai pas gaspillé ma bénédiction."
Et pour ceux qui trouvent que l'aventure est dangereuse, qu'ils essaient la routine: elle tue avant l'heure.  "


Mon avis:


Voilà bien longtemps que je voulais me lancer dans la lecture d'un Paulo Coelho, c'est maintenant chose faite.
Quand j'ai démarré ma lecture du Manuscrit retrouvé, je ne savais pas vraiment à quoi m'attendre (pour changer). Je savais que l'auteur brésilien était réputé pour ses romans emplis de spiritualité, donc si j'avais dû supposer quel allait être le fil conducteur de ce livre, j'aurais dit une quête initiatique sur fond de croisades. Mais finalement, rien de tout ça, bien loin de là.

Préface: des papyrus datés de 180 après J.C. ont été retrouvés en Egypte, ils contiennent des extraits non publiés du Nouveau Testament. Cris d'émoi, bataille pour récupérer quelqu'uns des papyrus qui sont sortis du pays, tout est retrouvé, tout le monde est content. Et puis on retrouve un autre manuscrit, toujours en Egypte, daté du XIVème siècle, pas franchement unique, et qui finit dans la poche d'un Anglais. C'est le récit inscrit sur ce manuscrit qui va nous être conté. OK. Pas compris le rapport entre les extraits bonus du Nouveau Testament et le fameux manuscrit retrouvé, mais soit.

1er chapitre: Un jeune homme de Jésuralem nous introduit à la situation de sa ville, le siège imminent, le personnage du Copte.
Et ce narrateur disparaît (complètement) pour céder sa place à une suite de chapitres sous forme de questions-réponses: quelqu'un pose une question existentielle au Copte, ce dernier répond. Un mode de narration pas désagréable d'ailleurs, qui sied à cette histoire qui n'en est finalement pas une (il n'y a aucune action, aucun évènement, le climat de guerre n'est cité que pour préciser l'environnement).

Chapitre après chapitre, Coelho, par le biais de son Copte, prêche donc une leçon de vie sur un sujet spécifique: le sens de la vie, les relations aux autres, le sexe... Au début, j'ai trouvé ça presque intéressant, peut-être parce que d'une part, je ne m'y attendais pas vraiment, et d'autre part, les situations et questions abordées pouvaient forcément être plus ou moins rapprochées de mon propre quotidien (et de celui de tout un chacun hein). Mais malheureusement, les 2-3 premiers enseignements passés, ça devient plutôt lassant et lourd. Parce qu'il faut bien avouer que j'ai bien plus eu l'impression de me retrouver à écouter (lire) les conseils du coach d'une quelconque émission de M6, que d'être devant une vraie réflexion spirituelle ou philosophique. Quel étonnement que de voir un auteur tant acclamé enfoncer porte ouverte sur porte ouverte à grands coups de leçons de morale dignes d'un café PMU!
 

Bien vite lu, bien vite oublié, et pas sûre que je me retourne vers cet auteur de sitôt.




Note: 3/10


Merci aux éditions Flammarion et à Babelio pour ce livre.



Salsifi Papillon

mercredi 15 mai 2013

Soirée à Long Island: Gatsby le Magnifique, de F. Scott Fitzgerald


Toujours en vacances (plus pour longtemps!), mais voici un petit billet planifié pour rester dans les clous d'une lecture commune organisée par Adalana qui nous proposait de (re)découvrir ce court roman à l'occasion de la sortie du film éponyme.


Pour ma part, ce sera effectivement une découverte car je ne l'avais encore jamais lu, et c'est bien la sortie imminente du film qui m'a vraiment fait m'y intéresser.





Gatsby le Magnifique
F. Scott Fitzgerald
Editions Le Livre de Poche

 L'histoire:


Côte Est des Etats-Unis, les années 20. Nick Carraway, jeune homme de 30 ans, vient de s'installer à New-York pour y travailler comme agent de change. Son nouveau chez-lui se trouve dans un des beaux quartiers résidentiels, à 2 pas de la maison de sa cousine Daisy. Mais son plus proche voisin est un certain Gatsby, un jeune homme riche, mystérieux, et qui a pour habitude de donner de fabuleuses réceptions. Nick désire à tout prix s'y faire inviter et en savoir plus sur cet intrigant millionnaire dont tout le monde parle. Quand son souhait finit par se réaliser, Nick va rapidement se lier d'amitié avec son excentrique voisin, et en découvrir la face cachée, celle d'un homme qui se consume sous le feu d'un amour impossible.


"La silhouette d'un chat en maraude ondula au clair de lune. En tournant la tête pour le suivre des yeux, je vis que je n'étais pas seul – à cinquante pieds de moi, une forme surgie de l'ombre projetée par le château de mon voisin contemplait, les mains dans les poches, le poivre argenté des étoiles. Un je ne sais quoi dans ses mouvements indolents et dans la ferme assise de ses pieds sur le gazon suggérait que c'était M. Gatsby en personne, sorti pour s'enquérir de la part qui lui était dévolue dans notre ciel local. "


Mon avis:


Et voici une plongée dans la jet-set new-yorkaise des années 20, avec ses illusions, ses mystères et sa superficialité flamboyante. On est tout de suite balancé par le narrateur (Nick, simple employé de bureau) au sein de ce milieu bourgeois qui semble si lointain et inaccessible, complètement déphasé de la réalité.
Les débuts sont d'ailleurs difficiles: où veut donc nous emmener Fitzgerald en nous décrivant le quotidien de ces gens qui ont tout mais ne savent que se plaindre et diffamer? Et puis l'étincelle arrive : c'est l'entrée en scène de Gatsby en personne.

A partir de ce moment, impossible de décrocher du roman, ma lecture s'est faite d'une traite. Les évènements et les révélations s'enchaînent à vitesse grand V, jusqu'au coup de théatre final, dramatique au possible. On ressort presque bouleversé de ce récit qui se révèle si désespéré sous toute sa couche de vernis pailleté, et qui finalement, derrière la critique d'une société d'illusions et d'apparences, est aussi (surtout?) une histoire d'amour dans tout ce qu'elle peut avoir de plus tragique.

C'est tout le versant désenchanté du rêve américain qui nous est conté ici, brillamment mis en valeur par l'écriture délicate et raffinée de Fitzgerald.

A voir si l'adaptation cinématographique de Baz Luhrmann saura se montrer à la hauteur.


Note: 8/10







Salsifi Papillon

vendredi 26 avril 2013

On break : Au pays de Murakami





C'est l'heure des vacances ! J'emporte ma liseuse avec moi, donc pas de pause de lecture, mais une pause pour ce blog [quoique, j'ai quelques ébauches de billets, et de longues heures d'avion et d'insomnie en prévision, alors qui sait ? ;) ].

A dans 3 semaines !





Salsifi Papillon

lundi 22 avril 2013

En images: The Walking Dead, tome 1 & 2, de Robert Kirkman et Tony Moore


"The Walking Dead", j'en ai d'abord découvert l'adaptation télévisée. Une première saison qui démarrait bien mais perdait vite en rythme et en intérêt, une seconde saison qui commençait également bien mollement, mais regagnait en vitesse à mi-chemin, et finalement, une troisième saison qui m'a scotchée par son intensité. Alors quand j'ai fini de visionner cette dernière, j'avais encore besoin d'une bonne rasade de zombies et je me suis lancée dans la lecture du comic.





Dead Alive
The Walking Dead, Tome 1: Passé décomposé & Tome 2: Cette vie derrière nous
Robert Kirkman (scénario), Tony Moore & Charlie Adlard (dessins)
Editions Delcourt


  Tome 1: Passé décomposé

Rick, policier blessé par balle, se réveille de son coma dans un hôpital complètement désert. Quand il en sort, à la recherche du personnel et du reste des habitants, il découvre que la ville est envahie de morts-vivants agressifs. Il cherche alors à retrouver sa femme et son fils, mais ceux-ci sont introuvables. Rick part donc à leur recherche, en espérant qu'ils soient encore en vie. Sur son chemin, il va rencontrer des survivants qui lui expliqueront ce qui s'est passé avant son réveil.


Un premier tome d'introduction, qui met en place la situation et nous fait rencontrer les personnages principaux. J'ai été frappée par les très nombreuses différences avec la série, qui n'est en fait qu'une adaptation très libre du comic. Mais après tout, tant mieux, cela permet de garder un certain suspens.
On y découvre le style monochrome et épuré de Tony Moore, qui sied parfaitement à l'atmosphère sombre et glauque. L'intrigue est posée, on rentre dans le quotidien de rescapés qui luttent pour leur survie. Au delà de l'histoire de zombies en elle-même, on sent que Kirkman veut surtout nous plonger dans une société dont les règles ont changé, et où les relations humaines sont en train de prendre un tournant, tantôt pour le meilleur, tantôt pour le pire.
Une belle entrée en matière.

N.B.: C'est assez violent, et même plutôt crados par moments... Ames sensibles, s'abstenir.




Tome 2: Cette vie derrière nous


Rick, devenu meneur d'un groupe de survivants, tente de trouver un endroit sûr pour pouvoir s'installer. En attendant, le groupe continue sa route et organise sa survie au jour le jour. Lorsque l'une de leurs chasses en forêt les amène à rencontrer un fermier et sa famille, dont la propriété semble miraculeusement épargnée des invasions de rôdeurs, Rick et ses amis pensent avoir enfin trouvé un lieu où vivre...


Deuxième tome, changement de dessinateur: Adlard succède à Moore. Si le changement est perceptible, on reste dans un style similaire, toujours sombre et plaisant. Côté intrigue, tout s'accélère. On assiste à une déferlante d'évènements qui permettent de donner un rythme très soutenu à ce tome. Malheureusement, ça va parfois un peu trop vite. Ainsi, certains rebondissements sont parachutés et les réactions de quelques uns des personnages semblent bien peu crédibles, car trop survolés.
Ceci-dit, dans la lignée du tome précédant, Kirkman nous plonge un peu plus loin dans les relations entre les survivants, nous montrant notamment encore une fois que le plus grand ennemi de l'Homme, c'est bien lui-même. Vivement la suite!


Et en bonus, un petit aperçu de la dernière saison de l'adaptation télévisée (VF malheureusement) :






Note: 7/10







Salsifi Papillon

vendredi 19 avril 2013

Balade dans le Norrland : Incurables, de Lars Kepler


Je n'ai eu aucun mal à trouver ma première lecture pour le challenge Thrillers et policiers scandinaves organisé par Emmanuelle. Il faut dire que mon inscription coïncidait tout juste avec la sortie du dernier roman du couple d'écrivains suédois Alexandra et Alexander Ahndoril, plus connu sous le pseudonyme Lars Kepler.
Malgré ses (nombreux?) défauts, j'avais dévoré leur premier roman, "L'Hypnotiseur", et même si j'avais beaucoup moins apprécié le second opus, "Le Pacte", j'avais envie de connaître la suite des aventures de leur héros, l'inspecteur Joona Linna..





Et encore une jolie couverture pour la collection Actes Noirs
Incurables
Lars Kepler
Editions Actes Sud

 L'histoire:


Nord de la Suède, dans un foyer spécialisé pour adolescentes en difficulté (comprendre : violentes et/ou nevrosées). Une des patientes, Miranda, est retrouvée sauvagement assassinée en chambre d'isolement, ses mains cachant son visage. Un peu plus tard, c'est le cadavre de l'infirmière de garde qui est découvert aux abords de l'établissement. Les soupçons de la police se portent tout de suite vers Vicky, elle aussi patiente au sein de ce foyer. Et pour cause : la jeune fille est introuvable, et un marteau ensanglanté est retrouvé sous son oreiller. Les seuls à douter de la culpabilité de Vicky sont Daniel, éducateur au sein de l'établissement, mais aussi époux de la défunte infirmière, et Joona Linna, inspecteur à la Rikskrim. Ce dernier, sous le coup d'une enquête interne, ne peut participer officiellement aux investigations, mais il sera toutefois nommé observateur sur l'affaire afin d'assister la police locale. Il va donc faire tout son possible pour démêler le vrai du faux dans cette histoire sordide, allant même jusqu'à se faire aider d'une soi-disant médium...

"Il ouvre délicatement la porte et balaye la pièce avec sa lampe torche. La scène qu'il découvre est d'une violence telle qu'il vacille et doit s"appuyer contre le montant de la porte.
Il détourne instinctivement le regard mais cela ne sert à rien, il a eu le temps de voir l'inimaginable. Dans ses oreilles, le bourdonnement de son pouls se confond désormais avec le bruit du sang qui goutte sur le sol.
 "


Mon avis:


Meurtres ultra-violents, perversions diverses et variées, héros tourmenté au sombre passé... Je lis beaucoup de polars ces derniers temps, et il faut bien avouer qu'ils commencent à tous se mélanger dans ma tête tellement les ressemblances sont frappantes, et peut-être particulièrement ceux qui nous viennent du pays des Trois Couronnes d'ailleurs. La faute à la saga Millenium et son succès phénoménal ici et outre-atlantique? Peut-être... Après tout, les écrivains doivent bien vivre, et ça n'empêche pas de tomber sur quelques bonnes surprises dans le lot.

Mais revenons plus spécifiquement à "Incurables". Intrigue relativement classique, mais dans l'ensemble plutôt attractive et bien menée. La construction du roman est elle aussi tout ce qu'il y a de plus traditionnelle (pas de retour à la double narration et aux flash backs comme cela était le cas pour "L'Hypnotiseur"), simple mais efficace avec ce qu'il faut de rythme et de rebondissements pour tenir le lecteur en haleine. Ce n'est pas franchement très bien écrit, mais ça se lit bien (comme les précédents au passage), alors on leur pardonne, et on rejette une partie de la faute sur une traduction peut-être un peu hasardeuse.
En bref, rien de transcendant, mais un bon polar tout de même, en tout cas jusqu'au dénouement. Parce que là, c'est le drame:  en quelques pages, Mister Linna nous fait 3 petits tours et ça y est, tout est limpide, tout est résolu. Témoignages parachutés, personnages clés introduits à la va-vite, et un mobile qui se veut évidemment le résultat de toute une suite d'évènements plus ou moins tragiques, mais qui se révèle en fait bien peu crédible. Pouf, rideau sur l'enquête. 

Mais le livre n'est pas fini pour autant. Ah ben non, on suit encore un petit peu Joona Linna, ce héros un peu agaçant sur les bords, le beau gosse ténébreux qui a toujours raison, celui dont on ne sait rien de son passé mais dont on devine qu'il est fait de violence et de souvenirs douloureux... Sauf que cette fois, voilà, tout d'un coup, on va en apprendre beaucoup sur lui. Là-encore grâce à un tour de passe-passe, les auteurs nous jettent à la figure révélation sur révélation, tout ça pour terminer par un cliffhanger annonçant la couleur du prochain opus (et qui a des sacrés relents de "Chuchoteur", hum...). Et bing. Mais bon, je l'ai dit moi-même: les écrivains doivent bien vivre, non ?

Note: 5/10







Salsifi Papillon

mercredi 10 avril 2013

Printemps coréen: Shim Chong, fille vendue, de Sok-Yong Hwang


Voici mon premier billet dans le cadre du challenge "Printemps Coréen" organisé par Catherine, mais aussi mon quatrième pour le challenge "Je t'aime, moi non plus" de RoroBouquine (je suis assez fière de moi, j'ai réussi à faire d'une pierre deux coups, haha).

Comme j'ai pu le mentionner précédemment, je ne connais strictement rien à la littérature coréenne. Et pour tout dire, j'ai choisi cette lecture un peu au hasard, simplement parce que le titre m'a interpellée, sans me renseigner ou regarder quels pouvaient être les avis d'autres lecteurs.



Lecture et dîner qui (pour une fois) s'accordent. En bonus: chat en plein étirement en arrière-plan
Shim Chong, fille vendue
Sok-Yong Hwang
Editions Points

 L'histoire:



Chong est une toute jeune fille vivant en Corée, avec son père aveugle et sa belle-mère. La famille a bien du mal à joindre les deux bouts et décide donc de vendre Chong à des commerçants chinois. Arrivée en Chine, la jeune fille est rebaptisée Lenhwa ("lotus") et revendue à une riche famille pour y devenir la concubine du chef de famille, un vieil homme qui lui fera découvrir la sexualité. A la mort de ce dernier, Chong, ne voulant pas être à nouveau vendue, convainc le fils cadet de la famille, propriétaire d'une maison close, de l'emmener avec lui pour qu'elle puisse y travailler. Elle y découvre donc le métier difficile de courtisane. Fière et courageuse, la jeune fille brave les humiliations et transforme cette profession imposée en un choix de vie qui va la mener tour à tour à Formose, Singapour, mais aussi à Okinawa et au Japon, et lui permettre aussi bien de gravir l'échelle sociale de manière fulgurante que de trouver l'amour.

"Chong sentit une goutte lui tomber sur le dos de la main. Ce n'est qu'en l'essayant qu'elle se rendit compte que c'était une larme. Cette chanson lui avait rappelé tout d'un coup - pour la première fois depuis qu'elle avait quitté son pays natal - son enfance, le village où elle mendiait, ses longues marches dans les collines jusqu'au bourg voisin dans l'espoir de trouver un peu de riz. "


Mon avis:


Quand j'ai commencé ma lecture, je ne savais pas vraiment à quoi m'attendre. Vu le thème abordé (le commerce de l'humain), plutôt à une histoire très dure. Et durs, les faits exposés tout au long du roman le sont. On suit de manière très détaillée le quotidien d'une prostituée asiatique du XIXème siècle dans tout ce qu'il a de plus tragique: les humiliations, les maladies, le manque d'argent... Pourtant, je n'ai ressenti ni pitié, ni tristesse pour la jeune Chong. Et pour cause, Hwang a fait de son héroïne un personnage qui ne subit pas mais qui agit pour sortir de la misère, qui sait tirer le meilleur parti de toute chose, bref, un personnage très fort. Peut-être un peu trop fort d'ailleurs, car si les évènements de la vie de Chong sont décrits de manière presque exhaustive, ses sentiments et relations avec les autres sont trop survolés, la faisant paraître parfois à la limite de l'insensible. Dommage, même cela ne m'a pas empêchée de m'attacher à cette jeune femme et de vouloir connaître à chaque fois un peu plus la suite de ses aventures.

Bon point également sur l'écriture, dense, sans fausse pudeur, mais avec suffisamment de retenue et de subtilité pour nous conter ce quotidien difficile (et forcément très sexuel par moments) sans lourdeur ni sensation de voyeurisme. Quant aux différents termes ayant trait aux cultures asiatiques, ils sont expliqués aux néophytes tels que moi dans un très utile petit glossaire, facilitant ainsi grandement la lecture.

Néanmoins, je dois quand même mentionner un point qui m'a périodiquement gênée, mais qui plaira certainement à d'autres : "Shim Chong, fille vendue" n'est pas seulement l'histoire d'une jeune prostituée, c'est aussi un véritable roman historique. Hwang nous y retrace ainsi l'Histoire de ces pays (Corée, Chine et Japon), leurs relations avec l'Occident, et leurs commerces de l'époque (thé et opium notamment) de manière extrêmement documentée, trop documentée pour moi. J'ai évidemment apprécié d'en apprendre un peu plus sur le passé de l'Asie (continent dont je connais bien mal l'Histoire), mais l'abondance de détails historiques m'a parfois plombé la lecture. Difficile pour moi d'accrocher à des pages entières de détails techniques sur le commerce de l'époque. J'aime l'Histoire, mais pas à ce point, et surtout, pas de cette manière.

Ce bémol mis à part, une bien agréable lecture pour démarrer le challenge Printemps coréen!

Note: 7/10





Salsifi Papillon

samedi 6 avril 2013

Challenge: Thrillers et policiers scandinaves

C'est terrible... A chaque fois que je vois une idée de challenge, j'ai une envie folle de m'y inscrire. Qu'ils soient dans mes genres de prédilection ou non, ils me semblent presque tous intéressants. Et pourtant, j'ai horreur des contraintes, je suis incapable de me plier à des règles sur la durée et je me lasse vite d'un genre en particulier.  Mais bon, c'est comme ça, il va bien falloir que je finisse par m'habituer à cet illogisme qui me caractérise, le même qui me donne régulièrement des envies furieuses d'acheter des pamplemousses, pamplemousses que j'achète mais que je ne mange jamais car j'ai horreur de ça, évidemment.
Devant l'aspect inéluctable de la chose, j'ai encore une fois fait preuve de faiblesse, et je me suis inscrite à ce nouveau challenge proposé par Emmanuelle d'Addictions boréales: Thrillers et policiers scandinaves.


Brochette nordique sur fond de meubles et déco IKEA


Le principe du challenge: lire au moins 6 polars/thrillers originaires de Scandinavie et de Finlande entre le 1er avril et le 30 septembre 2013.

Ce n'est pas comme si je n'avais déjà pas fait une overdose de polars ces derniers mois, mais bon, je me suis dit que j'avais déjà 4 romans correspondants au challenge dans ma PAL actuelle ("Incurables" de Lars Kepler et la trilogie de Jussi Adler-Olsen), donc après tout, ça paraît presque raisonnable et cohérent de s'inscrire, non?

Nul doute que le prochain Camilla Läckberg, "Le Gardien du Phare", dont la sortie est prévue en juin prochaine risque de s'ajouter à cette liste. Et je me laisse encore le champ libre sur le choix de ma 6ème lecture.

En espérant être sérieuse (et ne pas m'inscrire à un nouveau challenge avant d'être venue à bout d'un de ceux que j'ai en cours!)... Verdict le 30 septembre prochain!

Salsifi Papillon

mercredi 3 avril 2013

En images: Nemi, tome 1, de Lise Myhre

De temps en temps, je lis des BD, comics ou mangas, bref, de la lecture à images. Mais comme ce n'est pas mon domaine de prédilection non plus et que je suis quelqu'un de très attaché au visuel, il faut vraiment que la couverture/4ème de couv' m'interpelle pour que je me décide à l'acheter/l'emprunter à la bibli/le lire sur place (oops, fallait pas le dire?).

C'est comme ça qu'un jour, sur un réseau social bien connu, je suis tombée sur Nemi.


Just like a gothic girl Lost in the darken world My lil' gothic giiiirl... [OK, ça suffit]
Nemi, tome 1
Lise Myhre
Editions Milady


Ouh, le beau cliché ambulant que voilà! Mais bon, j'étais dans un jour de faiblesse, et voilà que cette vue qui m'aurait d'ordinaire fait fuire sans demander mon reste, a éveillé une étincelle de nostalgie chez l'ancienne ado aux cheveux et aux ongles noirs que je suis [ouais parce que maintenant j'ai grandi et je suis vieille et aigrie adulte quand même, mes cheveux ne sont plus noirs... ils sont... ah, non, mieux vaut ne pas le dire... et j'ai les ongles... euh, non, mieux vaut ne rien dire non plus...].
Alors, j'essaye d'en savoir plus: je vois que Nemi est en fait un strip récurrent dans un magazine norvégien (bien, norvégien, c'est cool), que c'est l'histoire d'une fille un peu décalée et surtout très cynique (impec'), et que c'est lu et approuvé par Tori Amos (chouette... ou pas).

Ni une ni deux, je me dis "hop, c'est pour toi, ça va te faire marrer, la preuve, il n'y a que des critiques élogieuses".

Et je me suis donc embarquée dans la lecture de ce recueil de strips.
Première page, premier strip, c'est pas drôle, mais bon, il y a une référence à Gandalf dans Le Seigneur des Anneaux, donc je jubile quand même.
Je continue, quelques pages plus loin, toujours pas drôle, et je me rends compte que je ne comprends pas où est l'humour/ce qui est sensé être amusant dans la moitié des strips. Là arrive une histoire qui s'étale cette fois sur plusieurs pages. Une sombre histoire de Père Noël qui ne voudrait plus passer voir les enfants parce que Nemi est trop méchante, trop déprimée, trop gothique quoi. Ah. C'est poussif, profondément cliché et surtout ce n'est toujours pas drôle (au moins, les autres gags pas marrants ne s'étalaient que sur 3 cases, là sur 10 pages, c'est juste insupportable).


Je suis sympa, je mets un extrait à peu près convaincant.


Je ne vais pas continuer dans les détails jusqu'à la fin, mais en bref, j'ai été jusqu'au bout (parce qu'on ne sait jamais), et quand j'ai refermé ce recueil, j'étais soulagée que ce soit fini.
Il va sans dire que je n'ai pas compris (et ne comprends toujours pas) l'engouement qu'a pu provoquer Nemi. C'était supposé être frais, subtil, délicieusement grinçant, mais je n'y ai rien vu de tout ça. Par contre, de la blague éventée, de la morale à 2 balles et de l'overdose de références trop true-ultra-dark, ça, il y en a à foison.
A la décharge de l'auteure, je dirais quand même que ce format de recueil est finalement assez ingrat avec ce type de comic: le strip a vocation à être publié périodiquement et tenir sur 3 cases, en avoir toute une tripotée d'affilée, c'est forcément indigeste.

Alors, je ne sais pas, je pensais être le coeur de cible, mais je suis passée complètement à côté. A croire que je suis peut-être vraiment devenue trop vieille et aigrie :)




Note: 1/10

(parce que bon, il y a quand même 2-3 petites références qui font plaisir)

Salsifi Papillon

lundi 1 avril 2013

I Want You : Toi, de Zoran Drvenkar


Zoran Drvenkar, j'en avais beaucoup entendu parler pour son premier roman et thriller "Sorry".
Et c'était donc "Sorry" que je voulais lire, sauf qu'arrivée en librairie, c'est sur ce "Toi" et son affreuse couverture tape-à-l'oeil rouge vif à bouche hurlante que j'ai fini par jeter mon dévolu [mais je suis faible devant les techniques marketing sans scrupule des éditeurs].


C'est laid, non?
Toi
Zoran Drvenkar
Editions Sonatine

 L'histoire:



"Toi", ce sont d'abord deux histoires parallèles qui semblent n'avoir aucune raison de se croiser (parallèles quoi...). D'un côté, le Voyageur, ce mystérieux tueur de masse. Insaisissable, il opère à intervalles irréguliers, et sans motif apparent. De l'autre, une bande de copines: 16 ans, berlinoises, en conflit avec leurs parents, des histoires de coeur tragiques, bref, des ados. Sauf qu'un jour, elles vont trouver 5 kg d'héroïne chez l'une d'entre elles. Et à partir de ce moment, elles vont être prises en chasse, une chasse à l'homme qui va les entraîner jusqu'en Norvège, dans un hôtel au fin fond d'un fjord, où se trouve également un certain Voyageur...

"Un village, trente-huit maisons, cinquante-neuf habitants. Tu n'en laisses aucun en vie. "


Mon avis:


La première chose qui frappe dans ce livre, c'est la forme. Chaque chapitre nous met tour à tour dans la peau de l'un des personnages, jusque là, rien de bien transcendant. Mais, suite logique du titre accrocheur "Toi", le livre est écrit à la 2nde personne du singulier.

"Tu n'es plus. Quand tu te déplaces, autour de toi l'air reste immobile. Pas un souffle. Tu parles et c'est le silence qui te répond. Tu es là sans être là. "

Cela peut paraître bien peu de choses, mais cela rend l'écriture très agressive, presque déroutante. J'ai même eu un peu de mal à m'y habituer pendant les premiers chapitres. Et puis on s'y fait, et finalement, on rentre peut-être encore mieux dans l'intrigue, on est happé par elle, on en devient une partie intégrante. Cette écriture sied aussi à l'histoire, violente, au rythme soutenu. Bref, un bel exercice de style que nous livre Drvenkar, parfaitement adapté à son récit.

Mais sur le fond, cette histoire, elle me laisse quand même un petit goût amer. Pas qu'elle ne soit pas prenante, loin de là, pas qu'elle ne soit pas pleine de rebondissements non plus (on a même droit à un twist final plutôt intéressant), mais parce qu'avec un tel style, je ne pouvais m'attendre qu'à une intrigue ultra percutante au final épatant. Et finalement, non. Dans l'absolu, on a un bon polar qui sait tenir son lecteur en haleine, avec des personnages riches et intéressants (et de bonnes têtes à claques aussi d'ailleurs), nul doute là-dessus. Mais malheureusement, ce n'est pas tout à fait suffisant pour suivre la forme, qui elle est vraiment bluffante.
Dommage... même si ça ne m'empêchera pas de me lancer dans la lecture de "Sorry".


Note: 7/10



Salsifi Papillon

vendredi 29 mars 2013

Coup de foudre au Pays du Soleil Levant: Les Amants du Spoutnik, de Haruki Murakami


Et voilà encore un billet sur un Murakami (et ce n'est pas le dernier, d'autres suivront).
Depuis que j'ai découvert cet auteur l'année dernière, je dévore ses oeuvres, fascinée par son écriture si fluide et ses univers oniriques. Ne faisant pas exception à la règle, les Amants du Spoutnik s'est retrouvée dans ma PAL à la suite de mon inscription au challenge "Je t'aime, moi non plus" de RoroBouquine.


Troisième livre affilié à la romance que je lis donc pour ce challenge, et premier pour lequel j'ai commencé ma lecture avec un a priori très positif. Pourtant, je ne savais pas à quoi m'attendre, et autant dire que je m'attendais pas du tout à ça en tout cas...

Mise à contribution de l'un de mes amis félins pour l'occasion
Les Amants du Spoutnik
Haruki Murakami
Editions 10-18

 L'histoire:



Sumire est une jeune femme de 21 ans un peu désinvolte aspirant à être écrivain. Elle est amie avec K. (le narrateur), un professeur de 25 ans plutôt solitaire et secrètement amoureux d'elle. Un jour, lors d'un mariage, Sumire rencontre Mia, chef d'entreprise d'origine coréenne, mariée, approchant de la quarantaine. Sumire en tombe éperdument amoureuse et n'aspire qu'à rester auprès d'elle. Lorsque Mia lui propose de devenir son assistante, Sumire est aux anges, et sous les yeux de son ami K., elle va se transformer et s'éloigner de lui. K. reste sans nouvelle de Sumire, jusqu'à un étrange coup de fil de Mia, affolée. Sumire et elle étaient parties en Europe pour affaires, mais la jeune femme a maintenant disparue et Mia ne sait pas vers qui se tourner...

"Chacun d'entre nous a connu un évènement particulier destiné à se dérouler à une certaine période de son existence, et une seule fois, comme une petite flamme venue l'éclairer. Ceux qui sont attentifs et qui ont la chance gardent précieusement ces moments en eux, les font grandir, les utilisent telles des torches pour illuminer leur vie toute entière. Mais, une fois perdue, cette flamme ne peut plus jamais être retrouvée. "


Mon avis:


Déconcertant, voilà le mot qui m'est venu à l'esprit lorsque j'ai refermé ce livre.
Tout commence pourtant de manière assez conventionnelle avec l'un de ces traditionnels triangles amoureux qu'affectionne la littérature du genre. Murakami nous dévoile avec délicatesse ses personnages, parmi lesquels aucun n'est vraiment ordinaire, chacun gardant une part de mystère. Leurs relations et leurs passés s'explicitent au fil des pages, des désirs à sens unique, des souvenirs douloureux qui les maintiennent dans leur solitude respective.

Et puis d'un coup, après l'arrivée de K. auprès de Mia pour tenter de retrouver Sumire, tout change et le roman bascule dans un univers quasi fantastique. Souvenirs, rêves, illusions, tout se mêle, laissant planer l’ambiguïté sur la part de réel et d'imaginaire dans la succession d'évènements. Jusqu'à cette fin ouverte, presque brutale tellement elle est frustrante.

Étrange roman d'amour donc, si bien écrit et qui m'a passionnée au point de le lire d'une traite, mais donc la fin me laisse malheureusement... sur ma faim.

Note: 8/10


Les Amants du Spoutnik est également une lecture commune avec A Girl from earth  et Keisha.


Salsifi Papillon

lundi 25 mars 2013

Challenge: Printemps Coréen

Après le challenge "Je t'aime, moi non plus" (prochain billet à ce sujet ce vendredi d'ailleurs, marquant également une lecture commune des "Amants du Spoutnik" d'Haruki Murakami), voici le 2ème challenge dans lequel je me lance, cette fois plus ouvert et certainement plus dans mes cordes.


Proposé par Catherine, le challenge "Printemps Coréen" est plutôt simple: il faut publier au moins un article ayant trait à la Corée (littérature, cinéma, cuisine...) pendant la période impartie, c'est-à-dire ce printemps, du 20 mars au 20 juin.

Alors, pour être honnête, la Corée, je ne la connais finalement que par son cinéma (polar et horreur notamment) que j'affectionne particulièrement. C'est donc assez logiquement que je compte participer à ce challenge avec un ou deux article(s) sur le 7ème art coréen, d'autant plus que ce début d'année 2013 voit la sortie des nouveaux films des 2 grands réalisateurs coréens que sont Park Chan-Wook (Stoker, sortie prévue le 1er mai sur nos écrans) et Kim Jee-Woon (Le Dernier Rempart, sorti en janvier dernier), marquant ainsi leur arrivée, pas forcément réussie, sur le marché américain.


 
Du Kim Jee-Woon d'avant le drame de son arrivée aux USA...

Mais pour que le challenge en soit vraiment un, j'aimerais y ajouter la lecture d'un roman coréen. Pas encore d'idée fixe sur un titre en particulier, mais nul doute que je vais bien trouver quelque chose à me mettre sous la dent d'ici le 20 juin...

Affaire à suivre!

Salsifi Papillon

lundi 25 février 2013

Lovecraft chez les ados japonais: Hakaiju, tome 1, de Shingo Honda

Long time no see... Ce blog a été sérieusement délaissé ces 2 derniers mois, plusieurs raisons à cela, mais pas la peine de s'étendre là-dessus: disons seulement que j'espère pouvoir être de nouveau plus assidue!
Et pour commencer, une chronique qui date maintenant, celle du tome 1 du manga horrifique Hakaiju.



Avec l'accroche qui va bien sur la couv'
Hakaiju, Tome 1
Shingo Honda
Editions Tonkam


Je lis peu de mangas, tout comme je lis peu de BD. Pas que cela ne m'attire/plaise pas, loin de là, mais c'est vrai que c'est loin d'être le rayon vers lequel je me dirige en premier lieu quand je suis en librairie, et qu'il en faut beaucoup pour qu'un titre retienne mon attention.

Et pour le coup, Hakaiju m'a tapée dans l'oeil.  De l'horreur en perspective et une créature lovecraftienne sur la couv', forcément, ça ne pouvait que me donner envie d'en découvrir plus...

 L'histoire:



On suit donc Akira Takashiro, un lycéen de la banlieue de Tokyo. Une vie d'adolescent plutôt classique, avec son lot de rivalités et de déboires amoureux. Jusqu'au jour où, après un entraînement de basket, la terre se met à trembler. Le lycée s'effondre, faisant de nombreux morts et blessés. Et quand Akira reprend conscience, il se rend vite compte que c'est loin d'être fini, puisque des monstres semblent avoir émergé des entrailles de la Terre...

Mon avis:


La première chose qui m'a marquée lors de la lecture, c'est le dessin, extrêmement fourni et détaillé. Le trait est beau et élégant, les décors sont réalistes et donnent envie de s'attarder sur chaque case, bref, une vraie réussite de ce côté-là.

Niveau histoire, c'est un peu moins convaincant par contre. Pas que ce soit désagréable à lire, mais on reste vraiment dans du très classique pour le moment, et il n'y a pas vraiment de rebondissements ou de scènes d'horreur/angoisse permettant de tenir le lecteur en haleine. Un peu dommage, car, évidemment, comme c'est un premier tome, on ressort de la lecture en ne sachant finalement pas grand chose de l'intrigue et on devrait avoir envie d'en savoir plus pour se plonger dans les tomes suivants. Et il faut l'avouer, ce n'est pas franchement le cas...

Je pense tout de même me lancer dans la lecture des tomes 2 et 3 (voire plus si affinités), car se baser uniquement sur le tome 1 pour se faire un avis est très réducteur, et le style de Honda à lui-seul mérite qu'on lui donne une chance.
Et puis, j'ai quand même envie de savoir ce qu'il va advenir de ces étranges créatures aux allures d'Anciens... :)



Note: 5/10


Salsifi Papillon

dimanche 6 janvier 2013

Shopping londonien: Confessions d'une accro du shopping, de Sophie Kinsella

A l'approche des soldes, quoi de plus approprié que de continuer le challenge "Je t'aime, moi non plus" par la lecture de ce livre.







Inutile de rappeler que ma précédente lecture pour ce challenge m'avait plutôt échaudée, et c'est donc avec un peu d'appréhension que j'ai démarré ces "Confessions...". Ma mère et ma soeur, lectrices de Kinsella, m'avaient pourtant bien assuré que "même à quelqu'un comme [m]oi, cela devrait plaire". Pas trop gnangnan, et même, pas trop de romance dans ce tome en particulier m'avaient-elles dit.
Mouais, m'enfin, moi quand je vois une couverture rose bonbon comme ça et que je lis la quatrième de couv' dégoulinante (ouh, le haut le coeur!), je ne suis pas rassurée quand même.



Girly girly girly et mise à contribution du chat
Confessions d'une accro du shopping
Sophie Kinsella
Editions Pocket

 L'histoire:



Rebecca Bloomwood a 25 ans, vit à Londres et travaille comme journaliste financière, un métier qui lui vaut l'admiration de ses proches. Sauf qu'en réalité, Rebecca ne porte pas beaucoup d'intérêt à la finance, élabore ses articles à base de simples copies de communiqués de presse, et est à vrai dire bien mal placée pour conseiller ses lecteurs sur la gestion de leur budget, vu qu'elle-même est grandement à découvert. Parce qu'en effet, le péché mignon de Becky, c'est le shopping. Et chez elle s'accumulent fringues et chaussures de marque au même rythme que d'innombrables relances de son banquier pour qu'elle paye ses dettes. Dans une impasse, elle doit trouver un moyen de s'en sortir. Et au passage, pourquoi pas tenter de mettre le grappin sur Luke Brandon, ce séduisant homme d'affaires qui fréquente les mêmes conférences qu'elle?
"Si seulement il existait un moyen d'avoir de beaux vêtements sans effectuer un travail angoissant. L'un mais pas l'autre. Si seulement... Je regarde machinalement toutes les vitrines des magasins que je dépasse, et soudain, je m'arrête, coupée dans mon élan.
Un signe de Dieu. Sans aucun doute.
Je me trouve devant Ally Smith qui présente en vitrine de longs manteaux superbes. Sur la porte, un panneau écrit à la main indique: " Recherchons une vendeuse pour le samedi. Renseignez-vous à l'intérieur."
Je défaille presque en lisant cet écriteau. C'est comme si la foudre avait frappé. Pourquoi diable n'y ai-je pas pensé plus tôt? Quelle idée de génie!
"

Mon avis:


Verdict? Et bien oui, ce n'était pas si mal que ça. C'est drôle, léger, pas prise de tête pour un sou. Ultra-féminin, très superficiel, parfois un peu cliché, mais sans tomber ni dans la mièvrerie, ni dans la psychologie de comptoir.

On repassera évidemment pour ce qui est de l'originalité ou des rebondissements haletants, mais mêmes sans être captivantes, les péripéties quotidiennes de Becky sont agréables à suivre et bien retranscrites par le style simple et fluide Kinsella, avec toujours une petite pointe d'ironie plutôt pertinente. D'une situation cocasse à une autre, l'auteure nous fait sourire, jusqu'au classique (et trop simple) final tout-est-bien-qui-finit-bien.
Et puis difficile de ne pas s'attacher à Rebecca, cette héroïne pourtant égoïste, menteuse et même exaspérante, mais en laquelle beaucoup de femmes, accros du shopping ou non, pourraient retrouver un petit bout d'elles-mêmes à un moment ou à un autre de l'histoire.




Bon, cela n'a pas été non plus une révélation, je ne vais pas me lancer à corps perdu dans la chick-lit ou me rouler par terre et taper des poings et des pieds en attendant de lire la suite des aventures de Miss Bloomwood, mais nul doute que cela a tout de même été une agréable surprise et une lecture plutôt plaisante!

Note: 7/10


Salsifi Papillon

mercredi 2 janvier 2013

Uchronie japonaise, part 1: 1Q84 - Livre 1, de Haruki Murakami


Commençons avec les politesses d'usage à cette époque: très bonne année 2013 à tous, et pour rester dans le thème: que cette année soit riche en découvertes littéraires.

Si je ne sais de quoi sera faite mon année livresque 2013, je peux en tout cas conclure sur 2012 en parlant d'une de mes découvertes et gros coup de coeur de l'année: l'oeuvre de Murakami (Haruki en l'occurence, n'ayant pas encore jeté un oeil aux livres de son homonyme, Ryû).
Avant cette année, je n'avais à vrai dire (et à tort), jamais porté plus d'attention que ça à la littérature japonaise. J'en avais déjà lu quelques romans et mangas, mais étais bien plus attirée par les cinéastes nippons que par leurs compatriotes écrivains.
Et puis, j'ai eu l'opportunité de découvrir un petit bout de ce pays. Avant d'embarquer pour Osaka, j'ai voulu donc profiter de l'occasion pour accompagner mon voyage d'un livre adéquat. Et à la librairie de l'aéroport, je suis tombée, un peu par hasard, sur "Avant le tremblement de terre" de Murakami, livre qui tombait à point nommé puisque ma destination était Kôbe, cette ville ayant tant souffert du séisme de 1995.


Kôbe 

Tombée sous le charme, quelques autres lectures de l'auteur plus tard, me voilà embarquée dans la trilogie qui a tant fait parler d'elle en France en 2011/2012: 1Q84.


Au pays des Little People
1Q84 - Livre 1
Haruki Murakami
Editions 10-18

 

 L'histoire:



Aomamé est professeur de sport, Tengo professeur de mathématiques. Elle, mène une double vie ténébreuse, lui, rêve d'être romancier. Ils ne se côtoient pas, ne se connaissent pas, mais sont étrangement liés par un souvenir d'enfance. Et en cette année 1984 (ou serait-ce plutôt 1Q84?), quand Aomamé se réveille une nuit et se rend compte qu'une deuxième lune est apparue dans le ciel, quand Tengo s'aperçoit que le roman fantastique qu'il est chargé de réécrire, produit de l'imaginaire de Fukaéri, une étrange adolescente, contient peut-être plus de vérité qu'il n'y paraît, cette connexion va être rétablie.
"La lune est la plus fine observatrice de la Terre. Elle a été le témoin de tous les phénomènes qui sont apparus à sa surface, de tous les événements qui s'y sont produits. Mais la lune reste silencieuse et ne s'explique pas. Elle ne se départ jamais de son indifférence et garde précisément en elle le lourd passé terrestre. "

Mon avis:


Quel univers surréaliste que celui dans lequel nous entraîne Murakami! L'histoire commence pourtant simplement, en rentrant peu à peu dans le quotidien des deux protagonistes. On suit tour à tour Aomamé, sa vie solitaire à Tokyo et sa rencontre fortuite avec la jeune policière Ayumi, et puis Tengo, cet écrivain de l'ombre qui se surprend à éprouver des sentiments ambigus pour Fukaéri, l'adolescente on ne peu plus singulière dont il réécrit le roman. Petit à petit, le passé mystérieux des deux personnages nous est dévoilé, en même temps qu'une toile d'étrangeté se tisse autour des évènements présents.
Pourquoi Aomamé n'a t-elle aucun souvenir de certains éléments d'actualité récents? Qu'est donc cette petite lune verdâtre qui est apparue dans le ciel? Qui sont les Little People auxquels Fukaéri fait si souvent référence? Et quelle est cette intriguante communauté nommée "Les Précurseurs" dans laquelle elle a grandi?

Tant de questions soulevées dans cette uchronie où le réél se mêle à la fiction, l'onirisme aux horreurs du quotidien, et où Murakami nous embrouille si subtilement qu'il devient impossible de discerner le vrai du faux. Le tout décrit avec talent et retenue, sous une atmosphère à la fois crue et poétique.

Je n'ai qu'un regret: ne pas avoir mieux prévu les choses et investi dans l'ensemble de la trilogie, car il me tarde de connaître la suite!
 

Note: 9/10


Salsifi Papillon