dimanche 6 janvier 2013

Shopping londonien: Confessions d'une accro du shopping, de Sophie Kinsella

A l'approche des soldes, quoi de plus approprié que de continuer le challenge "Je t'aime, moi non plus" par la lecture de ce livre.







Inutile de rappeler que ma précédente lecture pour ce challenge m'avait plutôt échaudée, et c'est donc avec un peu d'appréhension que j'ai démarré ces "Confessions...". Ma mère et ma soeur, lectrices de Kinsella, m'avaient pourtant bien assuré que "même à quelqu'un comme [m]oi, cela devrait plaire". Pas trop gnangnan, et même, pas trop de romance dans ce tome en particulier m'avaient-elles dit.
Mouais, m'enfin, moi quand je vois une couverture rose bonbon comme ça et que je lis la quatrième de couv' dégoulinante (ouh, le haut le coeur!), je ne suis pas rassurée quand même.



Girly girly girly et mise à contribution du chat
Confessions d'une accro du shopping
Sophie Kinsella
Editions Pocket

 L'histoire:



Rebecca Bloomwood a 25 ans, vit à Londres et travaille comme journaliste financière, un métier qui lui vaut l'admiration de ses proches. Sauf qu'en réalité, Rebecca ne porte pas beaucoup d'intérêt à la finance, élabore ses articles à base de simples copies de communiqués de presse, et est à vrai dire bien mal placée pour conseiller ses lecteurs sur la gestion de leur budget, vu qu'elle-même est grandement à découvert. Parce qu'en effet, le péché mignon de Becky, c'est le shopping. Et chez elle s'accumulent fringues et chaussures de marque au même rythme que d'innombrables relances de son banquier pour qu'elle paye ses dettes. Dans une impasse, elle doit trouver un moyen de s'en sortir. Et au passage, pourquoi pas tenter de mettre le grappin sur Luke Brandon, ce séduisant homme d'affaires qui fréquente les mêmes conférences qu'elle?
"Si seulement il existait un moyen d'avoir de beaux vêtements sans effectuer un travail angoissant. L'un mais pas l'autre. Si seulement... Je regarde machinalement toutes les vitrines des magasins que je dépasse, et soudain, je m'arrête, coupée dans mon élan.
Un signe de Dieu. Sans aucun doute.
Je me trouve devant Ally Smith qui présente en vitrine de longs manteaux superbes. Sur la porte, un panneau écrit à la main indique: " Recherchons une vendeuse pour le samedi. Renseignez-vous à l'intérieur."
Je défaille presque en lisant cet écriteau. C'est comme si la foudre avait frappé. Pourquoi diable n'y ai-je pas pensé plus tôt? Quelle idée de génie!
"

Mon avis:


Verdict? Et bien oui, ce n'était pas si mal que ça. C'est drôle, léger, pas prise de tête pour un sou. Ultra-féminin, très superficiel, parfois un peu cliché, mais sans tomber ni dans la mièvrerie, ni dans la psychologie de comptoir.

On repassera évidemment pour ce qui est de l'originalité ou des rebondissements haletants, mais mêmes sans être captivantes, les péripéties quotidiennes de Becky sont agréables à suivre et bien retranscrites par le style simple et fluide Kinsella, avec toujours une petite pointe d'ironie plutôt pertinente. D'une situation cocasse à une autre, l'auteure nous fait sourire, jusqu'au classique (et trop simple) final tout-est-bien-qui-finit-bien.
Et puis difficile de ne pas s'attacher à Rebecca, cette héroïne pourtant égoïste, menteuse et même exaspérante, mais en laquelle beaucoup de femmes, accros du shopping ou non, pourraient retrouver un petit bout d'elles-mêmes à un moment ou à un autre de l'histoire.




Bon, cela n'a pas été non plus une révélation, je ne vais pas me lancer à corps perdu dans la chick-lit ou me rouler par terre et taper des poings et des pieds en attendant de lire la suite des aventures de Miss Bloomwood, mais nul doute que cela a tout de même été une agréable surprise et une lecture plutôt plaisante!

Note: 7/10


Salsifi Papillon

mercredi 2 janvier 2013

Uchronie japonaise, part 1: 1Q84 - Livre 1, de Haruki Murakami


Commençons avec les politesses d'usage à cette époque: très bonne année 2013 à tous, et pour rester dans le thème: que cette année soit riche en découvertes littéraires.

Si je ne sais de quoi sera faite mon année livresque 2013, je peux en tout cas conclure sur 2012 en parlant d'une de mes découvertes et gros coup de coeur de l'année: l'oeuvre de Murakami (Haruki en l'occurence, n'ayant pas encore jeté un oeil aux livres de son homonyme, Ryû).
Avant cette année, je n'avais à vrai dire (et à tort), jamais porté plus d'attention que ça à la littérature japonaise. J'en avais déjà lu quelques romans et mangas, mais étais bien plus attirée par les cinéastes nippons que par leurs compatriotes écrivains.
Et puis, j'ai eu l'opportunité de découvrir un petit bout de ce pays. Avant d'embarquer pour Osaka, j'ai voulu donc profiter de l'occasion pour accompagner mon voyage d'un livre adéquat. Et à la librairie de l'aéroport, je suis tombée, un peu par hasard, sur "Avant le tremblement de terre" de Murakami, livre qui tombait à point nommé puisque ma destination était Kôbe, cette ville ayant tant souffert du séisme de 1995.


Kôbe 

Tombée sous le charme, quelques autres lectures de l'auteur plus tard, me voilà embarquée dans la trilogie qui a tant fait parler d'elle en France en 2011/2012: 1Q84.


Au pays des Little People
1Q84 - Livre 1
Haruki Murakami
Editions 10-18

 

 L'histoire:



Aomamé est professeur de sport, Tengo professeur de mathématiques. Elle, mène une double vie ténébreuse, lui, rêve d'être romancier. Ils ne se côtoient pas, ne se connaissent pas, mais sont étrangement liés par un souvenir d'enfance. Et en cette année 1984 (ou serait-ce plutôt 1Q84?), quand Aomamé se réveille une nuit et se rend compte qu'une deuxième lune est apparue dans le ciel, quand Tengo s'aperçoit que le roman fantastique qu'il est chargé de réécrire, produit de l'imaginaire de Fukaéri, une étrange adolescente, contient peut-être plus de vérité qu'il n'y paraît, cette connexion va être rétablie.
"La lune est la plus fine observatrice de la Terre. Elle a été le témoin de tous les phénomènes qui sont apparus à sa surface, de tous les événements qui s'y sont produits. Mais la lune reste silencieuse et ne s'explique pas. Elle ne se départ jamais de son indifférence et garde précisément en elle le lourd passé terrestre. "

Mon avis:


Quel univers surréaliste que celui dans lequel nous entraîne Murakami! L'histoire commence pourtant simplement, en rentrant peu à peu dans le quotidien des deux protagonistes. On suit tour à tour Aomamé, sa vie solitaire à Tokyo et sa rencontre fortuite avec la jeune policière Ayumi, et puis Tengo, cet écrivain de l'ombre qui se surprend à éprouver des sentiments ambigus pour Fukaéri, l'adolescente on ne peu plus singulière dont il réécrit le roman. Petit à petit, le passé mystérieux des deux personnages nous est dévoilé, en même temps qu'une toile d'étrangeté se tisse autour des évènements présents.
Pourquoi Aomamé n'a t-elle aucun souvenir de certains éléments d'actualité récents? Qu'est donc cette petite lune verdâtre qui est apparue dans le ciel? Qui sont les Little People auxquels Fukaéri fait si souvent référence? Et quelle est cette intriguante communauté nommée "Les Précurseurs" dans laquelle elle a grandi?

Tant de questions soulevées dans cette uchronie où le réél se mêle à la fiction, l'onirisme aux horreurs du quotidien, et où Murakami nous embrouille si subtilement qu'il devient impossible de discerner le vrai du faux. Le tout décrit avec talent et retenue, sous une atmosphère à la fois crue et poétique.

Je n'ai qu'un regret: ne pas avoir mieux prévu les choses et investi dans l'ensemble de la trilogie, car il me tarde de connaître la suite!
 

Note: 9/10


Salsifi Papillon