vendredi 26 avril 2013

On break : Au pays de Murakami





C'est l'heure des vacances ! J'emporte ma liseuse avec moi, donc pas de pause de lecture, mais une pause pour ce blog [quoique, j'ai quelques ébauches de billets, et de longues heures d'avion et d'insomnie en prévision, alors qui sait ? ;) ].

A dans 3 semaines !





Salsifi Papillon

lundi 22 avril 2013

En images: The Walking Dead, tome 1 & 2, de Robert Kirkman et Tony Moore


"The Walking Dead", j'en ai d'abord découvert l'adaptation télévisée. Une première saison qui démarrait bien mais perdait vite en rythme et en intérêt, une seconde saison qui commençait également bien mollement, mais regagnait en vitesse à mi-chemin, et finalement, une troisième saison qui m'a scotchée par son intensité. Alors quand j'ai fini de visionner cette dernière, j'avais encore besoin d'une bonne rasade de zombies et je me suis lancée dans la lecture du comic.





Dead Alive
The Walking Dead, Tome 1: Passé décomposé & Tome 2: Cette vie derrière nous
Robert Kirkman (scénario), Tony Moore & Charlie Adlard (dessins)
Editions Delcourt


  Tome 1: Passé décomposé

Rick, policier blessé par balle, se réveille de son coma dans un hôpital complètement désert. Quand il en sort, à la recherche du personnel et du reste des habitants, il découvre que la ville est envahie de morts-vivants agressifs. Il cherche alors à retrouver sa femme et son fils, mais ceux-ci sont introuvables. Rick part donc à leur recherche, en espérant qu'ils soient encore en vie. Sur son chemin, il va rencontrer des survivants qui lui expliqueront ce qui s'est passé avant son réveil.


Un premier tome d'introduction, qui met en place la situation et nous fait rencontrer les personnages principaux. J'ai été frappée par les très nombreuses différences avec la série, qui n'est en fait qu'une adaptation très libre du comic. Mais après tout, tant mieux, cela permet de garder un certain suspens.
On y découvre le style monochrome et épuré de Tony Moore, qui sied parfaitement à l'atmosphère sombre et glauque. L'intrigue est posée, on rentre dans le quotidien de rescapés qui luttent pour leur survie. Au delà de l'histoire de zombies en elle-même, on sent que Kirkman veut surtout nous plonger dans une société dont les règles ont changé, et où les relations humaines sont en train de prendre un tournant, tantôt pour le meilleur, tantôt pour le pire.
Une belle entrée en matière.

N.B.: C'est assez violent, et même plutôt crados par moments... Ames sensibles, s'abstenir.




Tome 2: Cette vie derrière nous


Rick, devenu meneur d'un groupe de survivants, tente de trouver un endroit sûr pour pouvoir s'installer. En attendant, le groupe continue sa route et organise sa survie au jour le jour. Lorsque l'une de leurs chasses en forêt les amène à rencontrer un fermier et sa famille, dont la propriété semble miraculeusement épargnée des invasions de rôdeurs, Rick et ses amis pensent avoir enfin trouvé un lieu où vivre...


Deuxième tome, changement de dessinateur: Adlard succède à Moore. Si le changement est perceptible, on reste dans un style similaire, toujours sombre et plaisant. Côté intrigue, tout s'accélère. On assiste à une déferlante d'évènements qui permettent de donner un rythme très soutenu à ce tome. Malheureusement, ça va parfois un peu trop vite. Ainsi, certains rebondissements sont parachutés et les réactions de quelques uns des personnages semblent bien peu crédibles, car trop survolés.
Ceci-dit, dans la lignée du tome précédant, Kirkman nous plonge un peu plus loin dans les relations entre les survivants, nous montrant notamment encore une fois que le plus grand ennemi de l'Homme, c'est bien lui-même. Vivement la suite!


Et en bonus, un petit aperçu de la dernière saison de l'adaptation télévisée (VF malheureusement) :






Note: 7/10







Salsifi Papillon

vendredi 19 avril 2013

Balade dans le Norrland : Incurables, de Lars Kepler


Je n'ai eu aucun mal à trouver ma première lecture pour le challenge Thrillers et policiers scandinaves organisé par Emmanuelle. Il faut dire que mon inscription coïncidait tout juste avec la sortie du dernier roman du couple d'écrivains suédois Alexandra et Alexander Ahndoril, plus connu sous le pseudonyme Lars Kepler.
Malgré ses (nombreux?) défauts, j'avais dévoré leur premier roman, "L'Hypnotiseur", et même si j'avais beaucoup moins apprécié le second opus, "Le Pacte", j'avais envie de connaître la suite des aventures de leur héros, l'inspecteur Joona Linna..





Et encore une jolie couverture pour la collection Actes Noirs
Incurables
Lars Kepler
Editions Actes Sud

 L'histoire:


Nord de la Suède, dans un foyer spécialisé pour adolescentes en difficulté (comprendre : violentes et/ou nevrosées). Une des patientes, Miranda, est retrouvée sauvagement assassinée en chambre d'isolement, ses mains cachant son visage. Un peu plus tard, c'est le cadavre de l'infirmière de garde qui est découvert aux abords de l'établissement. Les soupçons de la police se portent tout de suite vers Vicky, elle aussi patiente au sein de ce foyer. Et pour cause : la jeune fille est introuvable, et un marteau ensanglanté est retrouvé sous son oreiller. Les seuls à douter de la culpabilité de Vicky sont Daniel, éducateur au sein de l'établissement, mais aussi époux de la défunte infirmière, et Joona Linna, inspecteur à la Rikskrim. Ce dernier, sous le coup d'une enquête interne, ne peut participer officiellement aux investigations, mais il sera toutefois nommé observateur sur l'affaire afin d'assister la police locale. Il va donc faire tout son possible pour démêler le vrai du faux dans cette histoire sordide, allant même jusqu'à se faire aider d'une soi-disant médium...

"Il ouvre délicatement la porte et balaye la pièce avec sa lampe torche. La scène qu'il découvre est d'une violence telle qu'il vacille et doit s"appuyer contre le montant de la porte.
Il détourne instinctivement le regard mais cela ne sert à rien, il a eu le temps de voir l'inimaginable. Dans ses oreilles, le bourdonnement de son pouls se confond désormais avec le bruit du sang qui goutte sur le sol.
 "


Mon avis:


Meurtres ultra-violents, perversions diverses et variées, héros tourmenté au sombre passé... Je lis beaucoup de polars ces derniers temps, et il faut bien avouer qu'ils commencent à tous se mélanger dans ma tête tellement les ressemblances sont frappantes, et peut-être particulièrement ceux qui nous viennent du pays des Trois Couronnes d'ailleurs. La faute à la saga Millenium et son succès phénoménal ici et outre-atlantique? Peut-être... Après tout, les écrivains doivent bien vivre, et ça n'empêche pas de tomber sur quelques bonnes surprises dans le lot.

Mais revenons plus spécifiquement à "Incurables". Intrigue relativement classique, mais dans l'ensemble plutôt attractive et bien menée. La construction du roman est elle aussi tout ce qu'il y a de plus traditionnelle (pas de retour à la double narration et aux flash backs comme cela était le cas pour "L'Hypnotiseur"), simple mais efficace avec ce qu'il faut de rythme et de rebondissements pour tenir le lecteur en haleine. Ce n'est pas franchement très bien écrit, mais ça se lit bien (comme les précédents au passage), alors on leur pardonne, et on rejette une partie de la faute sur une traduction peut-être un peu hasardeuse.
En bref, rien de transcendant, mais un bon polar tout de même, en tout cas jusqu'au dénouement. Parce que là, c'est le drame:  en quelques pages, Mister Linna nous fait 3 petits tours et ça y est, tout est limpide, tout est résolu. Témoignages parachutés, personnages clés introduits à la va-vite, et un mobile qui se veut évidemment le résultat de toute une suite d'évènements plus ou moins tragiques, mais qui se révèle en fait bien peu crédible. Pouf, rideau sur l'enquête. 

Mais le livre n'est pas fini pour autant. Ah ben non, on suit encore un petit peu Joona Linna, ce héros un peu agaçant sur les bords, le beau gosse ténébreux qui a toujours raison, celui dont on ne sait rien de son passé mais dont on devine qu'il est fait de violence et de souvenirs douloureux... Sauf que cette fois, voilà, tout d'un coup, on va en apprendre beaucoup sur lui. Là-encore grâce à un tour de passe-passe, les auteurs nous jettent à la figure révélation sur révélation, tout ça pour terminer par un cliffhanger annonçant la couleur du prochain opus (et qui a des sacrés relents de "Chuchoteur", hum...). Et bing. Mais bon, je l'ai dit moi-même: les écrivains doivent bien vivre, non ?

Note: 5/10







Salsifi Papillon

mercredi 10 avril 2013

Printemps coréen: Shim Chong, fille vendue, de Sok-Yong Hwang


Voici mon premier billet dans le cadre du challenge "Printemps Coréen" organisé par Catherine, mais aussi mon quatrième pour le challenge "Je t'aime, moi non plus" de RoroBouquine (je suis assez fière de moi, j'ai réussi à faire d'une pierre deux coups, haha).

Comme j'ai pu le mentionner précédemment, je ne connais strictement rien à la littérature coréenne. Et pour tout dire, j'ai choisi cette lecture un peu au hasard, simplement parce que le titre m'a interpellée, sans me renseigner ou regarder quels pouvaient être les avis d'autres lecteurs.



Lecture et dîner qui (pour une fois) s'accordent. En bonus: chat en plein étirement en arrière-plan
Shim Chong, fille vendue
Sok-Yong Hwang
Editions Points

 L'histoire:



Chong est une toute jeune fille vivant en Corée, avec son père aveugle et sa belle-mère. La famille a bien du mal à joindre les deux bouts et décide donc de vendre Chong à des commerçants chinois. Arrivée en Chine, la jeune fille est rebaptisée Lenhwa ("lotus") et revendue à une riche famille pour y devenir la concubine du chef de famille, un vieil homme qui lui fera découvrir la sexualité. A la mort de ce dernier, Chong, ne voulant pas être à nouveau vendue, convainc le fils cadet de la famille, propriétaire d'une maison close, de l'emmener avec lui pour qu'elle puisse y travailler. Elle y découvre donc le métier difficile de courtisane. Fière et courageuse, la jeune fille brave les humiliations et transforme cette profession imposée en un choix de vie qui va la mener tour à tour à Formose, Singapour, mais aussi à Okinawa et au Japon, et lui permettre aussi bien de gravir l'échelle sociale de manière fulgurante que de trouver l'amour.

"Chong sentit une goutte lui tomber sur le dos de la main. Ce n'est qu'en l'essayant qu'elle se rendit compte que c'était une larme. Cette chanson lui avait rappelé tout d'un coup - pour la première fois depuis qu'elle avait quitté son pays natal - son enfance, le village où elle mendiait, ses longues marches dans les collines jusqu'au bourg voisin dans l'espoir de trouver un peu de riz. "


Mon avis:


Quand j'ai commencé ma lecture, je ne savais pas vraiment à quoi m'attendre. Vu le thème abordé (le commerce de l'humain), plutôt à une histoire très dure. Et durs, les faits exposés tout au long du roman le sont. On suit de manière très détaillée le quotidien d'une prostituée asiatique du XIXème siècle dans tout ce qu'il a de plus tragique: les humiliations, les maladies, le manque d'argent... Pourtant, je n'ai ressenti ni pitié, ni tristesse pour la jeune Chong. Et pour cause, Hwang a fait de son héroïne un personnage qui ne subit pas mais qui agit pour sortir de la misère, qui sait tirer le meilleur parti de toute chose, bref, un personnage très fort. Peut-être un peu trop fort d'ailleurs, car si les évènements de la vie de Chong sont décrits de manière presque exhaustive, ses sentiments et relations avec les autres sont trop survolés, la faisant paraître parfois à la limite de l'insensible. Dommage, même cela ne m'a pas empêchée de m'attacher à cette jeune femme et de vouloir connaître à chaque fois un peu plus la suite de ses aventures.

Bon point également sur l'écriture, dense, sans fausse pudeur, mais avec suffisamment de retenue et de subtilité pour nous conter ce quotidien difficile (et forcément très sexuel par moments) sans lourdeur ni sensation de voyeurisme. Quant aux différents termes ayant trait aux cultures asiatiques, ils sont expliqués aux néophytes tels que moi dans un très utile petit glossaire, facilitant ainsi grandement la lecture.

Néanmoins, je dois quand même mentionner un point qui m'a périodiquement gênée, mais qui plaira certainement à d'autres : "Shim Chong, fille vendue" n'est pas seulement l'histoire d'une jeune prostituée, c'est aussi un véritable roman historique. Hwang nous y retrace ainsi l'Histoire de ces pays (Corée, Chine et Japon), leurs relations avec l'Occident, et leurs commerces de l'époque (thé et opium notamment) de manière extrêmement documentée, trop documentée pour moi. J'ai évidemment apprécié d'en apprendre un peu plus sur le passé de l'Asie (continent dont je connais bien mal l'Histoire), mais l'abondance de détails historiques m'a parfois plombé la lecture. Difficile pour moi d'accrocher à des pages entières de détails techniques sur le commerce de l'époque. J'aime l'Histoire, mais pas à ce point, et surtout, pas de cette manière.

Ce bémol mis à part, une bien agréable lecture pour démarrer le challenge Printemps coréen!

Note: 7/10





Salsifi Papillon

samedi 6 avril 2013

Challenge: Thrillers et policiers scandinaves

C'est terrible... A chaque fois que je vois une idée de challenge, j'ai une envie folle de m'y inscrire. Qu'ils soient dans mes genres de prédilection ou non, ils me semblent presque tous intéressants. Et pourtant, j'ai horreur des contraintes, je suis incapable de me plier à des règles sur la durée et je me lasse vite d'un genre en particulier.  Mais bon, c'est comme ça, il va bien falloir que je finisse par m'habituer à cet illogisme qui me caractérise, le même qui me donne régulièrement des envies furieuses d'acheter des pamplemousses, pamplemousses que j'achète mais que je ne mange jamais car j'ai horreur de ça, évidemment.
Devant l'aspect inéluctable de la chose, j'ai encore une fois fait preuve de faiblesse, et je me suis inscrite à ce nouveau challenge proposé par Emmanuelle d'Addictions boréales: Thrillers et policiers scandinaves.


Brochette nordique sur fond de meubles et déco IKEA


Le principe du challenge: lire au moins 6 polars/thrillers originaires de Scandinavie et de Finlande entre le 1er avril et le 30 septembre 2013.

Ce n'est pas comme si je n'avais déjà pas fait une overdose de polars ces derniers mois, mais bon, je me suis dit que j'avais déjà 4 romans correspondants au challenge dans ma PAL actuelle ("Incurables" de Lars Kepler et la trilogie de Jussi Adler-Olsen), donc après tout, ça paraît presque raisonnable et cohérent de s'inscrire, non?

Nul doute que le prochain Camilla Läckberg, "Le Gardien du Phare", dont la sortie est prévue en juin prochaine risque de s'ajouter à cette liste. Et je me laisse encore le champ libre sur le choix de ma 6ème lecture.

En espérant être sérieuse (et ne pas m'inscrire à un nouveau challenge avant d'être venue à bout d'un de ceux que j'ai en cours!)... Verdict le 30 septembre prochain!

Salsifi Papillon

mercredi 3 avril 2013

En images: Nemi, tome 1, de Lise Myhre

De temps en temps, je lis des BD, comics ou mangas, bref, de la lecture à images. Mais comme ce n'est pas mon domaine de prédilection non plus et que je suis quelqu'un de très attaché au visuel, il faut vraiment que la couverture/4ème de couv' m'interpelle pour que je me décide à l'acheter/l'emprunter à la bibli/le lire sur place (oops, fallait pas le dire?).

C'est comme ça qu'un jour, sur un réseau social bien connu, je suis tombée sur Nemi.


Just like a gothic girl Lost in the darken world My lil' gothic giiiirl... [OK, ça suffit]
Nemi, tome 1
Lise Myhre
Editions Milady


Ouh, le beau cliché ambulant que voilà! Mais bon, j'étais dans un jour de faiblesse, et voilà que cette vue qui m'aurait d'ordinaire fait fuire sans demander mon reste, a éveillé une étincelle de nostalgie chez l'ancienne ado aux cheveux et aux ongles noirs que je suis [ouais parce que maintenant j'ai grandi et je suis vieille et aigrie adulte quand même, mes cheveux ne sont plus noirs... ils sont... ah, non, mieux vaut ne pas le dire... et j'ai les ongles... euh, non, mieux vaut ne rien dire non plus...].
Alors, j'essaye d'en savoir plus: je vois que Nemi est en fait un strip récurrent dans un magazine norvégien (bien, norvégien, c'est cool), que c'est l'histoire d'une fille un peu décalée et surtout très cynique (impec'), et que c'est lu et approuvé par Tori Amos (chouette... ou pas).

Ni une ni deux, je me dis "hop, c'est pour toi, ça va te faire marrer, la preuve, il n'y a que des critiques élogieuses".

Et je me suis donc embarquée dans la lecture de ce recueil de strips.
Première page, premier strip, c'est pas drôle, mais bon, il y a une référence à Gandalf dans Le Seigneur des Anneaux, donc je jubile quand même.
Je continue, quelques pages plus loin, toujours pas drôle, et je me rends compte que je ne comprends pas où est l'humour/ce qui est sensé être amusant dans la moitié des strips. Là arrive une histoire qui s'étale cette fois sur plusieurs pages. Une sombre histoire de Père Noël qui ne voudrait plus passer voir les enfants parce que Nemi est trop méchante, trop déprimée, trop gothique quoi. Ah. C'est poussif, profondément cliché et surtout ce n'est toujours pas drôle (au moins, les autres gags pas marrants ne s'étalaient que sur 3 cases, là sur 10 pages, c'est juste insupportable).


Je suis sympa, je mets un extrait à peu près convaincant.


Je ne vais pas continuer dans les détails jusqu'à la fin, mais en bref, j'ai été jusqu'au bout (parce qu'on ne sait jamais), et quand j'ai refermé ce recueil, j'étais soulagée que ce soit fini.
Il va sans dire que je n'ai pas compris (et ne comprends toujours pas) l'engouement qu'a pu provoquer Nemi. C'était supposé être frais, subtil, délicieusement grinçant, mais je n'y ai rien vu de tout ça. Par contre, de la blague éventée, de la morale à 2 balles et de l'overdose de références trop true-ultra-dark, ça, il y en a à foison.
A la décharge de l'auteure, je dirais quand même que ce format de recueil est finalement assez ingrat avec ce type de comic: le strip a vocation à être publié périodiquement et tenir sur 3 cases, en avoir toute une tripotée d'affilée, c'est forcément indigeste.

Alors, je ne sais pas, je pensais être le coeur de cible, mais je suis passée complètement à côté. A croire que je suis peut-être vraiment devenue trop vieille et aigrie :)




Note: 1/10

(parce que bon, il y a quand même 2-3 petites références qui font plaisir)

Salsifi Papillon

lundi 1 avril 2013

I Want You : Toi, de Zoran Drvenkar


Zoran Drvenkar, j'en avais beaucoup entendu parler pour son premier roman et thriller "Sorry".
Et c'était donc "Sorry" que je voulais lire, sauf qu'arrivée en librairie, c'est sur ce "Toi" et son affreuse couverture tape-à-l'oeil rouge vif à bouche hurlante que j'ai fini par jeter mon dévolu [mais je suis faible devant les techniques marketing sans scrupule des éditeurs].


C'est laid, non?
Toi
Zoran Drvenkar
Editions Sonatine

 L'histoire:



"Toi", ce sont d'abord deux histoires parallèles qui semblent n'avoir aucune raison de se croiser (parallèles quoi...). D'un côté, le Voyageur, ce mystérieux tueur de masse. Insaisissable, il opère à intervalles irréguliers, et sans motif apparent. De l'autre, une bande de copines: 16 ans, berlinoises, en conflit avec leurs parents, des histoires de coeur tragiques, bref, des ados. Sauf qu'un jour, elles vont trouver 5 kg d'héroïne chez l'une d'entre elles. Et à partir de ce moment, elles vont être prises en chasse, une chasse à l'homme qui va les entraîner jusqu'en Norvège, dans un hôtel au fin fond d'un fjord, où se trouve également un certain Voyageur...

"Un village, trente-huit maisons, cinquante-neuf habitants. Tu n'en laisses aucun en vie. "


Mon avis:


La première chose qui frappe dans ce livre, c'est la forme. Chaque chapitre nous met tour à tour dans la peau de l'un des personnages, jusque là, rien de bien transcendant. Mais, suite logique du titre accrocheur "Toi", le livre est écrit à la 2nde personne du singulier.

"Tu n'es plus. Quand tu te déplaces, autour de toi l'air reste immobile. Pas un souffle. Tu parles et c'est le silence qui te répond. Tu es là sans être là. "

Cela peut paraître bien peu de choses, mais cela rend l'écriture très agressive, presque déroutante. J'ai même eu un peu de mal à m'y habituer pendant les premiers chapitres. Et puis on s'y fait, et finalement, on rentre peut-être encore mieux dans l'intrigue, on est happé par elle, on en devient une partie intégrante. Cette écriture sied aussi à l'histoire, violente, au rythme soutenu. Bref, un bel exercice de style que nous livre Drvenkar, parfaitement adapté à son récit.

Mais sur le fond, cette histoire, elle me laisse quand même un petit goût amer. Pas qu'elle ne soit pas prenante, loin de là, pas qu'elle ne soit pas pleine de rebondissements non plus (on a même droit à un twist final plutôt intéressant), mais parce qu'avec un tel style, je ne pouvais m'attendre qu'à une intrigue ultra percutante au final épatant. Et finalement, non. Dans l'absolu, on a un bon polar qui sait tenir son lecteur en haleine, avec des personnages riches et intéressants (et de bonnes têtes à claques aussi d'ailleurs), nul doute là-dessus. Mais malheureusement, ce n'est pas tout à fait suffisant pour suivre la forme, qui elle est vraiment bluffante.
Dommage... même si ça ne m'empêchera pas de me lancer dans la lecture de "Sorry".


Note: 7/10



Salsifi Papillon