mercredi 15 mai 2013

Soirée à Long Island: Gatsby le Magnifique, de F. Scott Fitzgerald


Toujours en vacances (plus pour longtemps!), mais voici un petit billet planifié pour rester dans les clous d'une lecture commune organisée par Adalana qui nous proposait de (re)découvrir ce court roman à l'occasion de la sortie du film éponyme.


Pour ma part, ce sera effectivement une découverte car je ne l'avais encore jamais lu, et c'est bien la sortie imminente du film qui m'a vraiment fait m'y intéresser.





Gatsby le Magnifique
F. Scott Fitzgerald
Editions Le Livre de Poche

 L'histoire:


Côte Est des Etats-Unis, les années 20. Nick Carraway, jeune homme de 30 ans, vient de s'installer à New-York pour y travailler comme agent de change. Son nouveau chez-lui se trouve dans un des beaux quartiers résidentiels, à 2 pas de la maison de sa cousine Daisy. Mais son plus proche voisin est un certain Gatsby, un jeune homme riche, mystérieux, et qui a pour habitude de donner de fabuleuses réceptions. Nick désire à tout prix s'y faire inviter et en savoir plus sur cet intrigant millionnaire dont tout le monde parle. Quand son souhait finit par se réaliser, Nick va rapidement se lier d'amitié avec son excentrique voisin, et en découvrir la face cachée, celle d'un homme qui se consume sous le feu d'un amour impossible.


"La silhouette d'un chat en maraude ondula au clair de lune. En tournant la tête pour le suivre des yeux, je vis que je n'étais pas seul – à cinquante pieds de moi, une forme surgie de l'ombre projetée par le château de mon voisin contemplait, les mains dans les poches, le poivre argenté des étoiles. Un je ne sais quoi dans ses mouvements indolents et dans la ferme assise de ses pieds sur le gazon suggérait que c'était M. Gatsby en personne, sorti pour s'enquérir de la part qui lui était dévolue dans notre ciel local. "


Mon avis:


Et voici une plongée dans la jet-set new-yorkaise des années 20, avec ses illusions, ses mystères et sa superficialité flamboyante. On est tout de suite balancé par le narrateur (Nick, simple employé de bureau) au sein de ce milieu bourgeois qui semble si lointain et inaccessible, complètement déphasé de la réalité.
Les débuts sont d'ailleurs difficiles: où veut donc nous emmener Fitzgerald en nous décrivant le quotidien de ces gens qui ont tout mais ne savent que se plaindre et diffamer? Et puis l'étincelle arrive : c'est l'entrée en scène de Gatsby en personne.

A partir de ce moment, impossible de décrocher du roman, ma lecture s'est faite d'une traite. Les évènements et les révélations s'enchaînent à vitesse grand V, jusqu'au coup de théatre final, dramatique au possible. On ressort presque bouleversé de ce récit qui se révèle si désespéré sous toute sa couche de vernis pailleté, et qui finalement, derrière la critique d'une société d'illusions et d'apparences, est aussi (surtout?) une histoire d'amour dans tout ce qu'elle peut avoir de plus tragique.

C'est tout le versant désenchanté du rêve américain qui nous est conté ici, brillamment mis en valeur par l'écriture délicate et raffinée de Fitzgerald.

A voir si l'adaptation cinématographique de Baz Luhrmann saura se montrer à la hauteur.


Note: 8/10







Salsifi Papillon