dimanche 29 décembre 2013

En images: Walking Dead, tome 3 à 18, de Robert Kirkman et Charlie Adlard


J'avais fait un article, plutôt enthousiaste, sur les tomes 1 et 2 de ce comic il y a déjà quelque temps. Depuis, j'ai lu tous les tomes publiés en France (donc jusqu'au numéro 18). Plutôt que de faire une revue opus par opus qui risquerait d'être fastidieuse, je vais faire un bilan global.





Walking Dead, suite et fin
The Walking Dead, Tome 18: Lucille
Robert Kirkman (scénario),  Charlie Adlard (dessins)
Editions Delcourt


L'histoire:

Donc pour rappel, dans Walking Dead, on se retrouve dans un monde post-apocalyptique dans lequel les morts ne sont plus vraiment morts et n'ont qu'une envie : se nourrir des vivants. Plus particulièrement, on suit les péripéties d'un groupe de survivants menés par un ancien policier, Rick. Ils doivent affronter toutes les difficultés de ce nouveau quotidien : trouver un refuge, de la nourriture, se soigner, lutter contre les morts-vivants, mais aussi contre les éventuels autres survivants qui pourraient être mal intentionnés...
Je n'en dirai pas plus pour éviter de gâcher la suite à ceux qui n'ont pas (tout) lu.




Mon avis :

Après un 1er tome un peu longuet, puis un 2nd où les choses commençaient à s'intensifier, les aventures de nos survivants ont continué à s'emballer dans les tomes suivants. C'est sûrement un des points forts de cette saga : il y a finalement assez peu de temps morts, et les quelques albums plus calmes, que je qualifierais de "liaisons" entre les différents évènements, permettent de rentrer plus profondément dans les relations entre les personnages sans qu'on s'ennuie pour autant.
Ma plus grosse crainte était que l'histoire finisse par s'enliser (18 tomes pour le moment, c'est quand même pas mal) et devenir trop redondante pour être intéressante, mais Kirkman gère son intrigue de manière habile et le renouvellement est suffisant pour qu'on ne se lasse pas.

Quant aux personnages, on les voit évoluer de manière constante et cohérente, et c'est clairement ce qui contribue à les rendre crédibles et attachants.

L'autre point fort de "Walking Dead", c'est sans nul doute le dessin. J'apprécie le style d'Adlard depuis le début, mais il faut bien avouer qu'il se surpasse dans les derniers tomes : plus précis, plus détaillé, son trait est un vrai régal pour les yeux.

Mais, il y a quand même un mais. Il y a à mon sens un gros incident de parcours, scénaristiquement parlant, au niveau des tomes 6 et 7 (grosso modo, et sans spoiler, le passage avec le Gouverneur). Car sur ces tomes, Kirkman est tombé dans le piège de la surenchère. Surenchère de sadisme, surenchère de violence, on tombe dans une spirale de provoc' facile jusqu'à ce que ça en devienne ridicule. Alors, qu'on me comprenne bien, ce n'est pas la violence en soi qui me gêne, je ne suis pas une âme sensible, et je trouve même que c'est une caractéristique quasi inhérente au genre de l'horreur, donc pas de problème. Le souci, c'est que là, c'est complètement gratuit, ça n'a aucun intérêt scénaristique, et il semble que le seul but soit de choquer le lecteur. C'est d'autant plus une déception que ces évènements en particulier sont traités de manière bien différente (et bien plus réussie) dans la série télévisée: la violence elle y est, pas de doute, mais elle est amenée avec suffisamment d'intelligence et de subtilité pour qu'on évite de tomber dans le grotesque. Vraiment dommage.

Cet épisode mis à part, l'histoire reprend un tournant bien plus réfléchi et crédible ensuite. Jusqu'au dernier tome. Parce qu'il annonce clairement de nouveaux évènements importants pour les tomes suivants, mais que l'amorce fait craindre un retour à l'extravagance et au peu plausible.

A vérifier au tome 19!




Note: 7/10





Salsifi Papillon

samedi 28 décembre 2013

Challenge : Cluedo Littéraire

Alala, que je suis faible... Il ne fait nul doute que mon aptitude à suivre les challenges jusqu'au bout est plutôt limitée : j'ai lâchement abandonné le "Thrillers et policiers scandinaves", pourtant dans l'un de mes styles de prédilection, je n'ai réussi qu'à caser une participation pour le beau challenge "Printemps coréen" de Coccinelle, et je termine tout juste à temps (et avec peine) le "Je t'aime, moi non plus" de Rorobouquine (faut que je pense à en faire un bilan d'ailleurs). Bilan mitigé donc, qui devrait me convaincre d'éviter les challenges longue durée en 2014. J'avais bien commencé en choisissant de m'inscrire à un challenge court (le "Mois suédois" de Marjorie, j'en reparlerai bientôt).
Et puis j'ai vu le challenge proposé par Iliade sur Livraddict.





Le principe de base est celui du Cluedo: on a un crime, une liste de suspects/enquêteurs, de lieux et d'armes. Le but est de trouver qui a commis ce crime, où, et avec quoi. Pour ça quelques règles, dont voici un extrait:

"Déroulement du jeu
-Les participants jouent en équipe et sont représentés par un des personnages enquêteur.

-Un des participants fait une proposition en donnant « un meurtrier, un lieu et une arme», par exemple «je pense que le meurtrier est Sherlock Holmes, le crime a eu lieu a Poudlard  l’arme est la montre du Lapin Blanc».

- Chaque proposition est suivie d'une lecture. Lorsqu’une proposition a été faite, je révèle les consignes qui se cachent derrière la proposition. Il y a une consigne derrière chaque personnage, lieu et arme. Donc après une proposition vous vous retrouvez face à trois consignes par exemple:?Sherlock holmes: Lire un livre ou l’action se passe en angleterre?Poudlard: lire un livre de science-fiction?La montre du Lapin Blanc: lire un livre dont la couverture représente un animal

- Vous choisissez ou non de participer à la lecture qui suit la proposition, et vous choisissez vos consignes. Vous pouvez en prendre une, en combiner deux par exemple: lire un livre de SF qui se passe en Angleterre ou un livre qui se passe en Angleterre avec un animal sur la couverture, ou alors lire un livre qui réunit les trois consignes. ?Chaque lecture rapporte 1, 2 ou 3 points à l’équipe selon le nombre de consignes choisies.

- Lorsque tous les participants à la lecture ont fini leur livre et éventuellement publié un billet sur leur blog, je révèle quels éléments de la proposition sont justes. Par exemple seul Sherlock Holmes est correct, dans ce cas le participant ayant fait la proposition rapporte un point à son équipe.
Une deuxième proposition est faite, en prenant compte des résultats de la proposition précédente, et un nouvelle lecture est proposée.-
Ainsi de suite jusqu’à ce que les trois éléments corrects soit réunis."

C'est original, ça a l'air plutôt fun, et même si je compte participer autant que possible, le fait de ne pas avoir l'obligation de participer à chaque session est rassurant.
Donc je n'ai pas résisté et je fais partie de la team "Alice" avec Klo et Cyncracra :)

Plus de détails sur le déroulement du challenge sur le forum de Livraddict.

Salsifi Papillon

vendredi 27 décembre 2013

Où est Amy? : Les Apparences, de Gillian Flynn

Systématiquement, après avoir refermé un polar, je me dis que ça suffit, qu'il faut que je passe à autre chose, un genre différent, parce que ça commence à bien faire. Et systématiquement, je me replonge dans un polar. Du coup, ces derniers mois, je n'ai lu quasiment que ça, et dans le lot, il y avait un bon paquet de déchets ou de correct, mais sans plus. Et puis il y en a 2-3 qui se sont démarqués, et ça a été le cas de ce roman de Gillian Flynn.



Les Apparences
Gillian Flynn
Editions Le Livre de Poche

 L'histoire:

 

Ca va faire 5 ans qu'Amy et Nick sont mariés. Jeunes, beaux, ils vivent leur petite vie de couple heureux et branché à New-York. Jusqu'au jour où ils perdent tous les deux leurs emplois et sources de revenus. Nick décide alors qu'il est temps d'aller s'installer dans sa région d'origine, le Missouri. Il y traîne Amy, réticente, pour y ouvrir un bar en compagnie de sa soeur, et s'occuper par la même occasion de sa mère, en fin de vie. Mais après quelques mois de cette vie à la campagne, Amy disparaît, brutalement, mystérieusement. Nick tente alors de découvrir ce qui a bien pu arriver à sa femme.


"Les gens aiment bien s'imaginer qu'ils connaissent les autres : les parents veulent croire qu'ils connaissent leurs enfants. Les femmes veulent croire qu'elles connaissent leurs maris. "


Mon avis:

 

Les Apparences, c'est tout à fait le genre de romans sur lequel il ne faut pas trop en dire. Parce qu'on aurait si vite fait d'en dévoiler trop. Dans ce cas précis, il suffit de s'arrêter au titre pour comprendre que oui, les apprences sont parfois trompeuses, et qu'on risque donc d'être dupé. Pas besoin d'aller plus loin, maintenant il ne reste plus qu'à lire et voir si cette promesse est tenue ou si cette mise en haleine n'était qu'un soufflé trop vite retombé.

Flynn tient sa promesse. Avec son récit à deux narrateurs (d'une part, des extraits du journal intime d'Amy, d'autre part, le témoignage de Nick), elle nous plonge dans l'âme de ces 2 personnages qui semblent si lisses, presque inintéressants de prime abord, mais qui ont en fait tant à nous dévoiler.
Alors au début, ça semble un peu longuet. Le 1er quart du livre est une sorte de mise en situation, on ne sait pas trop où on va, rien ne semble vraiment décoller. Et puis tout se met en place, l'importance de chaque détail est révélée, et on commence à comprendre. Pour mieux être abusé par la suite.

Original, cynique au possible, Les Apparences est une vraie bonne surprise et montre qu'il n'y a pas besoin de l'ombre terrifiante de tueurs en série et autres meurtres sanguinolants pour qu'un polar soit réussi et puisse tenir le lecteur en haleine jusqu'au bout (mais, peut-on vraiment qualifier Les Apparences de polar après tout?). Bien sûr, il n'est pas exempt de défauts: je regrette donc quelques passages qui traînent un peu en longeur et l'absence de charisme des personnages principaux, pour lesquels il m'a été très difficile de ressentir de l'empathie.

Ces petits bémols mis à part, une lecture que je ne peux que conseiller!





Note: 8/10




Salsifi Papillon

dimanche 22 décembre 2013

Petits meurtres entre amis : Birdman, de Mo Hayder

Grosse absence de la blogosphère ces derniers mois pour cause de gros changements IRL qui m'ont gardée bien éloignée de la toile... Les choses se tassent, et j'espère que cette reprise sera la bonne.
Cette absence ne m'a en tout cas pas éloignée de mes livres, et si je suis plutôt dans les suites en ce moment (Dr Sleep, L'Ecorchée, le tome 3 de 1Q84...), j'en profite aussi pour découvrir quelques nouveaux auteurs sur mes étagères. C'est le cas de Mo Hayder, auteure anglaise dont j'ai choisi de lire le 1er roman.



Le retour du chat qui dort sur les livres
Birdman
Mo Hayder
Editions Pocket

 L'histoire:

Cinq cadavres de femmes sont déterrés lors de travaux dans un terrain vague londonien. Les corps ont été mutilés et un pinson encore en vie a été inséré dans la cage thoracique de chacune des victimes, valant ainsi au tueur le surnom de "Birdman".
C'est l'inspecteur Jack Caffery qui est chargé de l'enquête. Caffery est un agent brillant, qui va rapidement trouver comment recoller les pièces du puzzle dans cette affaire sordide, mais il doit également lutter contre ses propres démons et son obsession pour son voisin, un vieil homme qu'il considère comme responsable de la disparition de son frère, bien des années plus tôt.


" Il aurait dû se lever, se dissocier par son attitude de la scène devant lui, mais [il] était pétrifié par la peur. Et pendant la seconde où il décida de ne pas bouger, le garde, le front luisant de transpiration, comprit que l'étudiant en médecine encore en blouse avait attendu ici dans la pénombre pour avoir l'intimité nécessaire et perpétrer très exactement le même acte que lui.
Le moment parut s'étirer. Puis le garde sourit.
"


Mon avis:

Je ne connaissais pas Mo Hayder, et c'est un peu le hasard qui m'a mis son 1er roman entre les mains. J'avais entendu du bien d'un de ses autres ouvrages, Tokyo, mais une overdose de romans japonais et/ou ayant trait au Japon m'a faite reculer, et j'ai préféré me diriger vers ce titre plus mystérieux. J'ai démarré ma lecture sans a priori, mais je n'ai pas pu m'empêcher de lire les accroches sur la 4ème de couverture, qui font le rapprochement avec la trilogie de Thomas Harris. A croire que tout thriller à tueur en série doit être comparé au Silence des Agneaux.

En l'occurence, il est tout de même assez probable qu'Harris ait été une source d'inspiration pour Hayder, car certains détails ne peuvent que rappeler l'histoire du tueur au masque de chair (les animaux insérés dans les cadavres des victimes en étant une des évocations les plus évidentes). Mais la Britannique réussit tout de même à raconter une histoire bien à elle, glauque, plutôt bien ficelée (jusqu'au bout, fait assez rare pour être signalé) et avec suffisamment de fausses pistes et de rebondissements pour tenir le lecteur en haleine.

Mais malheureusement, son Birdman souffre du symptôme du trop: trop de violence gratuite, noyée dans un style trop impersonnel pour qu'on en ressente vraiment un malaise. Trop de descriptions techniques barbantes (bon, on est bien loin d'un Chattam tout de même) et trop d'éléments disséminés pour brouiller les pistes puis balayés d'un simple revers de main. Et pour finir, trop de caricatures pour rendre les personnages vraiment crédibles. Du coup, on ne s'ennuie pas, mais on ressort de la lecture quand même assez frustré, frustré que cette histoire teeeellement dérangeante [bouh, torture, bouh, nécrophilie] ait été si vite résolue par le super détective teeeeellement beau gosse, teeeeellement torturé et teeeeellement plus intelligent que ses collègues.

En bref, une lecture rapide, pas désagréable, mais qui sera sûrement bien vite oubliée. Je me pencherai probablement sur l'un ou l'autre des romans suivants d'Hayder (peut-être le fameux Tokyo), mais bon, pas tout de suite.





Note: 6/10


Et sur ce, bonnes fêtes à tous!



Salsifi Papillon