jeudi 30 janvier 2014

En images: Aokigahara, La forêt des suicidés, de El Torres & Gabriel Hernandez

Drôle de bestiau que cette bande dessinée... Tout transpire le Japon: le titre, le lieu de l'histoire (à côté du mont Fuji), son thème (une légende de revenants locale), la potentielle adaptation cinématographique par nul autre qu'Hideo Nakata (Ring, Dark Water, etc)..., et pourtant, ce sont deux Espagnols qui ont écrit et dessiné cette BD. Alors, qu'est-ce que ça peut bien donner?



Ghost story japonaise à la sauce espagnole
Aokigahara, La forêt des suicidés
El Torres (scénario), Gabriel Hernandez (dessins)
Editions Atlantic BD


L'histoire:

 

Ryoko est garde-forestier dans la tristement célèbre forêt d'Aokigahara. Cette dernière est réputée pour être un des lieux favoris de suicide au Japon, et ce, depuis des siècles. Ryoko a pris l'habitude d'y cotôyer la mort et n'hésite pas à avoir recours à des rites ancestraux pour apporter la paix aux nombreux défunts du bois.
De son côté, Alan, Américain installé depuis peu au Japon, se sépare de sa petite amie Masami. Rongée par le chagrin, la jeune femme décide de mettre fin à ses jours à Aokigahara. Mais son esprit ne trouvera pas le repos et reviendra hanter Alan.




Mon avis :

Soyons clairs, Aokigahara, La forêt des suicidés ne brille pas par son originalité. Aokigahara existe, la légende qui y est associée est plutôt connue, et les deux Espagnols n'ont fait qu'y greffer une traditionnelle histoire de fantômes à la japonaise, avec tout le côté mélodramatique habituel. Même la société japonaise y est d'ailleurs dépeinte sans qu'aucun des poncifs habituels ne soit oublié.
Ce n'est donc pas là où réside la force de cette bande dessinée.

Là où le pari est plutôt réussi, c'est dans l'esthétisme: dur, glaçant, inquiétant. Tout est sombre et oppressant, majoritairement en nuances de gris et noir avec quelques angoissantes touches de rouge (sang, évidemment). L'effet est saisissant et piège le lecteur autant que l'effroyable forêt piège ses âmes perdues.
Ajouté à un rythme savamment calqué sur celui d'un film d'horreur, on ne peut que se prendre au jeu et trembler en même temps que les protagonistes de l'histoire. A un tel point qu'on en est presque frustré quand arrive le final de cette (très) courte bande dessinée: on aurait bien repris une petite louche de frisson.

A noter que l'histoire principale est suivie d'une preview d'une autre oeuvre des deux mêmes auteurs: Le Voile des Ténèbres, ou l'histoire d'une jeune détective qui peut voir et communiquer avec les défunts. Affaire à suivre probablement assez prochainement sur ce blog, car la mise en bouche était assez alléchante!



Note: 7/10





Salsifi Papillon

1 commentaire:

  1. Ouh la, normalement je plonge direct avec Japon mais Espagnols, etc mais la thématique "fantôme" me freine un peu.

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