dimanche 16 février 2014

Challenge "Cluedo littéraire": Jane Eyre, de Charlotte Brontë

Deuxième (et dernière) lecture pour cette 1ère phase de ce challenge.

Pour rappel, les consignes de cette première session du cluedo littéraire étaient les suivantes:

- Lire un livre d'un auteur anglais (tous les pays du Royaume Uni comptent l'Irlande aussi donc)
- Lire un livre en rapport avec une saison ( dans le titre ou dans l'intrigue)
- Lire un drame (il vous suffit de regarder si votre livre est classé dans la catégorie "drame" dans Bibliomania)


Donc je suis partie sur un drame anglais, un classique que je voulais lire depuis longtemps, mais que je n'osais pas ouvrir (mes a priori sur les classiques, et a fortiori ceux qui relatent des histoires d'amour, ont la vie dure).


Jane Eyre
Charlotte Brontë
Editions Pocket

 L'histoire:


Jane Eyre est une jeune orpheline. Recueillie par sa tante Mme Reed, une femme aisée aux enfants gâtés, elle doit subir les moqueries et maltraitances diverses de toute cette petite famille qui lui est imposée. Après plusieurs conflits, elle est finalement envoyée dans un pensionnat de jeunes filles où elle passera son adolescence, puis où elle deviendra enseignante.
Désireuse de voir autre chose du monde, elle se trouve une position de gouvernante chez M. Rochester, dont elle est chargée d'instruire la jeune protégée, Adèle. Rapidement, Jane va développer des sentiments amoureux pour le mystérieux maître des lieux, mais leur romance va être parsemée d'embûches...

"Il est vain de dire que les êtres humains devraient se satisfaire de la tranquillité ; il leur faut de l'action et s'ils ne peuvent la trouver, ils la créeront. "


Mon avis:

 

Jane Eyre est le premier livre d'une des soeurs Brontë que je lis (oui, honte à moi). Et je dois bien avouer avoir commencé cette lecture à reculons. L'histoire d'une petite fille qui subit l'injustice, puis qui se lance dans une histoire d'amour compliquée, c'est quand même à peu près tout ce qu'il faut pour susciter mon désintérêt le plus complet.

Cependant, dès les premiers chapitres, je me suis trouvée entraînée par l'histoire, désireuse de connaître la suite des aventures de cette jeune fille si ordinaire et si particulière à la fois. Il faut dire que l'écriture de Charlotte Brontë est très juste, sans jamais tomber dans le sentimentalisme outrancier, la niaiserie ou le pathos. Alors on se prend d'affection pour la jeune héroïne, on la suit dans ses désarrois comme dans ses bonheurs, qui se succèdent avec ce qu'il faut de rythme pour ne jamais ennuyer le lecteur.

Et au-delà de cette histoire d'amour intemporelle, qu'à mon grand étonnement j'ai donc suivi avec plaisir, j'ai apprécié ce tableau de l'ère victorienne que nous dépeint Charlotte Brontë. Les us et coutumes, la condition de la femme, le statut social..., tout cela nous est décrit de manière authentique et vivante, nous plongeant au sein de la société anglaise du 19ème siècle presqu'à la manière d'un documentaire. Le contre-coup qui va par contre avec (si on peut vraiment le qualifier de manière négative), c'est le côté presque désuet et manquant de naturel de l'expression des protagonistes. Certains dialogues sonnent donc quelques fois de manière un peu étrange pour le lecteur du 21ème siècle (en tout cas, pour celui qui comme moi, n'est pas un habitué du genre), mais quelque part, c'est aussi un trait caractéristique de l'oeuvre qui participe de son charme.


Ce billet enthousiaste conclut donc pour le moment ma participation au challenge Cluedo Littéraire. Je ne participe pas à la 2nde session, mais je vais suivre les lectures de mes coéquipières (et aussi de nos "adversaires" ;-) ), en attendant la 3ème phase, à laquelle j'espère pouvoir participer.
Bonne continuation sur ce challenge à toutes !

Note: 8/10




Salsifi Papillon

vendredi 14 février 2014

Challenge "Cluedo Littéraire" : La Ferme des Animaux, de George Orwell

Et voilà, ça n'a pas traîné, 1er challenge de l'année, et j'ai failli complètement le laisser passer vu que j'ai été absente du net ces dernières semaines.
On va essayer de sauver les meubles en se rattrapant au dernier moment...

Les consignes de cette première session du cluedo littéraire étaient les suivantes:

- Lire un livre d'un auteur anglais (tous les pays du Royaume Uni comptent l'Irlande aussi donc)
- Lire un livre en rapport avec une saison ( dans le titre ou dans l'intrigue)
- Lire un drame (il vous suffit de regarder si votre livre est classé dans la catégorie "drame" dans Bibliomania)


Je n'ai à vrai dire pas été chercher très loin, car j'avais deux classiques de la littérature britannique qui traînaient depuis un moment dans ma PAL (il faut dire que c'est assez éloigné de mes lectures habituelles...), c'était l'occasion.
Ma 1ère lecture pour ce challenge a donc été ce court roman allégorique de George Orwell.


La Ferme des Animaux
George Orwell
Editions Folio

 L'histoire:


L'histoire prend place dans la ferme de M. Jones, dans la campagne anglaise. Les animaux, las d'être exploités par les humains, décident de se révolter. Menés par les cochons Napoléon et Boule de Neige, tous les animaux vont s'allier pour chasser les occupants à deux pattes de l'exploitation agricole.
Livrés à eux-mêmes, ils vont alors mettre en place un véritable système politique et économique pour cohabiter et continuer à faire tourner l'exploitation. Malheureusement, les bonnes intentions vont rapidement se tranformer en une course sans merci de l'élite dirigeante pour le pouvoir et les privilèges.

"L'Homme est la seule créature qui consomme sans produire. Il ne donne pas de lait, il ne pond pas d'oeufs, il est trop débile pour pousser la charrue, bien trop lent pout attraper un lapin. Pourtant le voici suzerain de tous les animaux. "


Mon avis:

 

Une révolution des opprimés contre les oppresseurs, la mise en place d'un système juste et égalitaire (qui a dit utopique?),  puis la dégradation de ce système au profit des intérêts personnels... Pas besoin d'être agrégé d'Histoire pour reconnaître dans cette fable une critique non dissimulée du stalinisme.
Mais la force d'Orwell et de ce très court roman, c'est qu'il traverse sans peine les décennies et les gouvernements successifs: son universalité est applicable à tous les totalitarismes, passés ou actuels.

Et même s'il n'a pas l'impact que peut avoir 1984 du même auteur, La Ferme des animaux ne peut que pousser à la réflexion. Réflexion sur la nature humaine, inévitablement égoïste, même quand elle est pourvue des meilleures intentions, sur la manipulation de masse, sur la (les) liberté(s), ou tout du moins celle(s) qu'on pense avoir.

Mais peut-être qu'Orwell va un peu trop loin dans son analyse et sa critique sans pitié du communisme à la soviétique, et plus généralement de notre espèce. Ou peut-être qu'il ne va justement pas jusqu'au bout. Parce qu'il faut bien dire que tout n'est que cynisme et noirceur dans cette ferme, on ne voit pas une seule lueur d'espoir, pas une seule porte ouverte sur quelque chose qui aurait pu être positif. Ce manichéisme, même si on peut légitement se questionner sur le fait qu'il soit infondé ou non, en devient parfois presque indigeste.


Lecture donc un peu mitigée pour ce classique. Bien dommage ce manque de subtilité d'Orwell, car j'avais adoré 1984, et je dois avouer que je m'attendais à quelque chose du même acabit.

Note: 6/10




Salsifi Papillon